De Chicago, métropole de l'Illinois, dans le Midwest américain, on connaît surtout les gratte-ciel, regroupés dans le quartier du "Loop" dont on fait le tour, le nez en l'air, à pied ou en métro aérien. Pour prendre un certain recul, mieux vaut toutefois y déambuler à bicyclette ou en bateau.
La "ville des vents" est d'abord une ville d'eau, construite au bord du lac Michigan et traversée par la sinueuse rivière Chicago. Détruit par un incendie en 1871, le centre-ville est devenu un véritable laboratoire pour les architectes. De Daniel Burnham (1846-1912) à Louis Sullivan (1856-1924), maître de l'école de Chicago, des tenants de l'Art déco ou du gothique jusqu'aux plus brillants architectes contemporains, ils y ont tous signé au moins une "oeuvre".
À vélo, la meilleure perspective sur les gratte-ciel se situe côté lac. Une piste cyclable longe sur une trentaine de kilomètres des plages et une allée de verdure préservée de l'envahissement urbain : il y a près d'un siècle que les constructions y sont interdites... La ville compte des dizaines de pistes cyclables, et il est aisé d'y louer une bicyclette.
Au Millenium Park, dernier-né des 550 espaces verts de Chicago, il faut toutefois mettre pied à terre. En été, un très moderne auditorium en plein air à l'acoustique surprenante, oeuvre du Canadien Frank Gehry, accueille gratuitement les visiteurs pour des concerts de jazz. Autre attraction : la "Cloud Gate", une immense sculpture en acier inoxydable, en forme de haricot géant dans lequel se mirent, déformés, les tours, voitures, passants et nuages. Œuvre du Britannique Anish Kapoor, elle est en perpétuel changement, en symbiose avec les variations de la vie urbaine.
Place à la musique
Pour se reposer, rien ne vaut une promenade en bateau : elle offrira un panorama général depuis le lac ou une incursion dans les deux bras de la rivière avec ses cinquante ponts mobiles. Le départ pour le circuit architectural se fait près du pont Michigan Avenue : là se dresse le Wrigley Building, une tour en terre cuite blanche presque centenaire, qui cache la tour IBM, dernière oeuvre de Ludwig Mies Van der Rohe (1886-1969). Puis on longe deux buildings, surnommés les "épis de maïs", avec de drôles d'alvéoles qui abritent parkings et appartements.
Le circuit emprunte un bras de la rivière puis l'autre, menant à deux quartiers, industriel et résidentiel. On passe d'un quasi stalinien bureau de poste à un building Art déco, un classique de Ricardo Bofill, la Sears Tower, pyramide moderne de 527 mètres, ou le massif et postmoderne James R. Thompson Center, oeuvre d'Helmut Jahn. Malgré la disparité de ces architectures, l'impression qui domine est l'harmonie.
Les rives sont aménagées en promenade publique et accueillent des terrasses de cafés et de restaurants. L'embouchure est fermée par un étrange barrage, installé là depuis qu'au début du siècle dernier on a inversé le cours de la rivière pour protéger le lac de la pollution industrielle et les Chicagoens d'une épidémie de choléra.
Le soir, place à la musique ! Mecque du jazz dans les années 1920, puis du blues vingt ans plus tard, Chicago a toujours des clubs très vivants, comme le Buddy Guy's Legend. Les amateurs de musique country ont leur rendez-vous, du 30 juin au 1er juillet. Pour le jazz, le festival à ne pas manquer a lieu du 30 août au 2 septembre.
Info : www.gochicago.com
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