Il sera demandé à tous les coureurs du ProTour de signer une déclaration avant le Tour de France cycliste, dans laquelle ils affirmeront ne pas être dopé et accepteront de payer un an de salaire en plus de la sanction de deux ans de suspension s'ils étaient ensuite détectés positifs.
Ces mesures ont été annoncées mardi à Genève par l'Union cycliste internationale après une réunion avec les 20 équipes du ProTour.
"L'UCI ne tolérera pas que des individus ou des organisations causent du tort à son sport", a déclaré Pat McQuaid, le président de l'UCI.
Le Tour de France s'élancera le 7 juillet de Londres.
Dans la déclaration, les coureurs acceptent aussi de donner leur ADN aux autorités espagnoles afin qu'elles puissent le comparer aux échantillons sanguins saisis lors de l'"Opération Puerto".
Sandy Casar de la Française des Jeux et Mark Cavendish de la T-Mobile ont signé le document à l'issue d'une conférence de presse ayant suivi la réunion.
"C'est une étape qui va dans la bonne direction, car tout le monde peut voir que le cyclisme n'est pas guéri du dopage", a déclaré Hans-Michael Holczer, le manager de la formation Gerolsteiner. "Les coureurs qui trichent devraient hésiter en voyant qu'il y a une année de salaire (comme sanction)".
Pat McQuaid a déclaré qu'il a demandé aux équipes de ne pas laisser les coureurs impliqués dans cette affaire de dopage sanguin en Espagne ou dans d'autres affaires, s'élancer dans le Tour de France ou dans d'autres courses.
L'UCI publiera sur son site web la liste des coureurs qui ont signé la déclaration antidopage. Bien que la Fédération internationale ne puisse forcer les coureurs à la signer, elle demande aux managers d'équipes de prendre cette signature en considération quand ils inscriront des coureurs au départ d'une course.
"Cela montrera ceux qui n'ont pas envie de la signer", a relevé McQuaid.
L'UCI demande aussi aux équipes d'interdire à leurs coureurs d'avoir des consultations médicales ailleurs qu'auprès du staff médical de la formation.
"Les pratiques illégales ne seront plus tolérées", a clamé McQuaid.
La Fédération internationale a appointé un avocat parlant espagnol à son quartier général d'Aigle en Suisse pour se charger du dossier de l'"Opération Puerto".
Ce scandale avait surgi en mai 2006 quand une centaine de sacs de sang congelé avaient été saisis dans la clinique madrilène du docteur Eufeminao Fuentes. Plus de 50 coureurs ont été mouillés par cette affaire. La justice espagnole a décidé de ne pas instruire le cas mais l'UCI persévère. Elle a reçu récemment 1.000 pages concernant l'enquête. Elle en espère 5.000 dans les prochaines semaines.
McQuaid a déclaré qu'il est pessimiste concernant la capacité des avocats de l'UCI à débrouiller le dossier avant le départ du Tour de France. Il n'y aurait cependant pas de noms nouveaux à attendre, si l'on en croit les avocats de l'UCI en Espagne qui ont survolé les 6.000 pages du dossier.
Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, Patrick Lefévère, le président de l'Association internationale des groupes professionnels (AIGCP) et McQuaid, sont ouverts à l'idée de dépêcher un groupe d'avocats dans l'urgence, pour étudier plus rapidement les documents. Ils partageraient les coûts.
McQuaid a précisé qu'il n'est pas sûr que l'UCI pourra utiliser les documents à des fins disciplinaires, mais que la Fédération poursuivra son enquête coûte que coûte, quitte à se mettre à dos la justice espagnole.
"Nous continuerons et feront face aux conséquences", a indiqué McQuaid.
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