26 mai 2007

Vélo hors saison à Ogunquit

Marie Tison

Il n'y a pratiquement personne sur la route, une petite route qui vire ici, vire là, monte un peu, descend légèrement, une route qui suit des haies de lilas entrecoupées de belles maisons de bois et qui débouche soudainement sur un bout de plage battue par les vagues.

Les hordes de touristes qui envahissent chaque été Ogunquit, Wells et Kennebunk, sont encore bien sagement chez eux. C'est qu'avec l'organisation Détour Nature, j'ai profité de la longue fin de semaine des Patriotes pour parcourir à vélo les petites routes côtières du Maine.

Mais voilà, voyager hors saison peut aussi présenter quelques inconvénients. Au printemps, le beau temps et la chaleur sont loin d'être garantis.

Le temps est menaçant lorsque nous commençons une première balade. L'avantage, c'est qu'il n'y a vraiment pas de trafic au centre-ville d'Ogunquit. Nous nous rendons d'abord à Perkins Cove, où des cabanes de bardeaux gris typiques abritent maintenant de petites boutiques.

C'est en cheminant vers le sud que le temps se gâte et qu'une petite bruine commence à tomber. Comme il arrive souvent à ces moments-là, nous pensons que la pluie va s'arrêter et qu'il ne sert à rien de se ranger sur le coté de la route pour enfiler nos vêtements imperméables. Lorsque, enfin, nous nous arrêtons au phare de Cape Neddick, il est trop tard: la pluie tombe maintenant franchement et nous sommes trempés. Heureusement, le paysage est spectaculaire en ce temps de tempête : les vagues éclatent sur les grandes rochers qui bordent l'île où se juche le phare. Mais c'est assez pour aujourd'hui : nous rentrons à notre camp, tout juste à l'extérieur d'Ogunquit, pour se réchauffer avec une bonne soupe.

Le lendemain, nous partons vers le nord, vers Kennebunk, la deuxième patrie de George Bush père. Le temps est nuageux, frais, mais il ne pleut pas. C'est déjà une grande amélioration ! Encore une fois, nous sommes pratiquement seuls sur les routes côtières. Nous cheminons de façon détendue. Il n'y a qu'un péril : la tempête d'hier a laissé des traces les vagues se sont abattues sur la route, laissant derrière elles du varech bien glissant.

Le soleil semble vouloir percer la masse de nuage, l'air se réchauffe de façon appréciable. Ça tombe bien, midi approche et nous avons une petite faim. Et devant nous se dessine le site de pique-nique idéal : de gros rochers invitants surplombent une baie. De l'autre coté se dresse une somptueuse demeure : c'est le "chalet" de papa Bush, bien protégé par des agents pas vraiment secrets. Alors que nous finissons notre goûter, un brouillard s'interpose entre nous et les Bush : serait-ce une nouvelle mesure de protection devisée de la CIA ? Ou un simple caprice météorologique maritime ? Quoi qu'il en soit, la température se refroidit rapidement et nous enfourchons à nouveau nos vélos pour reprendre le chemin du retour.

Enfin, le soleil brille au matin de notre troisième journée. L'herbe reluit, les fleurs resplendissent, la mer se fait un peu plus calme. Nous reprenons le chemin du sud pour longer Long Sands Beach, où quelques surfers téméraires bravent les eaux encore glaciales. Puis, nous mettons le cap sur York, un autre petit village touristique où se cachent quelques bâtiments centenaires, que nous sommes presque seuls à apprécier. Ah ! Les hordes de touristes ne savent pas ce qu'elles manquent à ce temps-ci de l'année !


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