Un paysan tire sur un renard mangeur de poules, mais les projectiles atteignent un homme qui passait de nuit dans sa ligne de mire. Le blessé garde deux plombs dans le corps
Vincent Donzé
Un homme a reçu une volée de grenaille alors qu'il rentrait du travail à vélo, samedi matin avant le lever du jour, à Oberglatt (ZH). En débouchant à une intersection, l'informaticien Claude Forney s'est trouvé dans la ligne de mire d'un paysan qui traquait un renard mangeur de poules : « J'ai ressenti une terrible gifle », rapporte ce Lausannois de 43 ans. Et pour cause : un plomb l'a touché à une oreille. La grenaille s'est aussi logée dans un bras, une cuisse, un genou et un pied.
Claude Forney n'a pas immédiatement identifié l'origine de la déflagration. Choqué, il a roulé quelques mètres avant de s'arrêter, le pneu arrière éclaté. Ayant réalisé sa bévue, le paysan de 60 ans a sauté dans sa voiture pour enclencher le projecteur fixé sur le toit, utilisé normalement pour la chasse de nuit. Mais cette lumière a apeuré le blessé : « J'ai pensé à des pirates de la route et je me suis laissé tomber pour faire le mort. » Le tireur, choqué, a porté secours au blessé, encore insensible à la douleur, pour le conduire à l'hôpital de Bülach (ZH), sa commune de domicile.
Vacances gâchées
« Je n'étais pas fâché, mais plutôt soulagé de ne pas avoir été touché à un oeil », raconte l'informaticien. Aucun organe n'a été touché, mais deux plombs, logés trop profondément dans la chair de son bras et de sa cuisse, n'ont pas pu être retirés. Après l'intervention chirurgicale, le paysan a rendu visite à sa victime : « Il m'a dit que la grenaille avait ricoché sur le bitume. Je comprends d'autant mieux son désarroi que j'ai une affinité avec les armes : mon cousin gère une armurerie familiale à Lausanne, et je suis petit-fils d'armurier », rapporte Claude Forney, prêt à retirer la plainte déposée dans un premier temps sur conseil de la police.
« C'est vraiment un accident inattendu », constate Claude Forney. Le procureur déterminera si le paysan avait le droit de chasser près d'un village et si une instruction doit être ouverte pour lésions corporelles. Claude Forney est maintenant cloué chez lui pour une semaine, semaine qu'il aurait dû passer à pratiquer le cyclotourisme sur les routes italiennes, entre Merano et Venise. « C'est pour partir en vacances que j'ai prolongé mon travail dans la nuit de vendredi à samedi », explique cet employé qui franchit tous les jours à vélo les 12 kilomètres séparant Bülach de Glattbrugg.
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