26 mai 2007

S'il n'en reste qu'un

Après les aveux d'Erik Zabel et Bjarne Riis, tous les regards se braquent désormais sur Jan Ullrich. Mais ce dernier reste pour l'heure muet. De quoi l'ancien vainqueur du Tour de France peut-il avoir peur? De ternir son image? Elle est pourtant déjà sérieusement écornée en Allemagne.

Sur les neuf coureurs alignés par l'équipe Telekom au départ du Tour de France 1996, six ont avoué qu'ils prenaient à cette époque de l'EPO. Seuls trois ont opté pour une ligne différente, allant du mutisme à la dénégation: Mario Kummer, Brian Holm et Jan Ullrich. Evidemment, c'est l'attitude du dernier nommé qui suscite le plus d'intérêt. Avec Erik Zabel et Bjarne Riis, Ullrich est l'autre grande figure de l'équipe Telekom de la deuxième moitié des années 90. Après les confessions du sprinter berlinois et du Danois, Ullrich pourra difficilement faire l'économie, à son tour, d'une déclaration. Quoi que son silence en dit déjà tellement long.

Au fil des jours, alors que l'omerta se crève comme une bulle et que ses anciens coéquipiers se mettent à table, Ullrich se mure toujours dans le silence. Fidèle au système de défense qu'il avait déjà adopté dans l'affaire Puerto, il se borne à répéter, à intervalles réguliers par le biais de communiqués qu'il n'a " rien à se reprocher". Mais la confusion n'est pas loin. Vendredi, le quotidien Die Welt annonçait, citant son agent Wolfgang Strohband, qu'Ullrich allait bientôt parler à son tour. Information aussitôt démentie par le vainqueur du Tour de France 1997 sur son site internet.

"Il faut que Jan parle"
Un nouvel imbroglio dans le système de communication décidément bien défaillant de l'ancien champion allemand. Mardi, Me Diestel, son avocat, assurait à la télévision allemande qu'Ullrich n'allait pas participer au déballage Telekom, car il n'avait tout simplement rien à avouer. Mais l'avocat s'emballait pour tenir un discours équivoque: "Il faut qu'on prenne conscience qu'il n'est pas possible de rouler à 40 km/h dans un col des Pyrénées ou faire des étapes de 250 km sans stimulants. Il faut dire adieux aux courses-record". Ullrich n'a pas apprécié et a viré Diestel sur le champ. Il laisse donc désormais à Strohband le soin de répéter qu'il n'a rien à dire.

La situation d'Ullrich semble pourtant intenable aujourd'hui. Dans l'affaire Puerto, des tests ADN ont confirmé que les poches de sang retrouvées chez le Dr Fuentes qui lui avaient été attribués contenaient bien son propre sang. Imparable. La mise en lumière des pratiques chez Telekom lui accrochent une nouvelle casserole, presque aussi lourde à trimballer. Pour un peu, Ullrich serait donc le seul à ne s'être jamais dopé dans les années 90. Bien sûr, ses ex collègues ne l'ont pas accablé. "Durant toute ma carrière, je n'ai jamais partagé ma chambre avec Jan Ullrich, on n'a jamais eu le même masseur", a rappelé Rolf Aldag jeudi en conférence de presse. N'empêche, l'ancienne idole semble aujourd'hui terriblement isolée.

Depuis sa villa des bords du lac de Constance, Jan Ullrich est seul avec sa conscience. L'Allemagne, elle, n'a plus confiance en son ancienne idole. Un récent sondage a révélé que près de 75% des Allemand sont convaincus de la culpabilité d'Ullrich dans l'affaire Puerto. Les responsables politiques et sportifs ne se font guère d'illusions sur les pratiques dopantes de l'ex-héros du cyclisme allemand, comme sur ses intentions. Il n'y a donc probablement plus rien à attendre de lui. L'entraîneur de ses débuts, Peter Becker, veut pourtant encore y croire : "Il faut que Jan parle, dise ce qu'il s'est vraiment passé". Sera-t-il entendu ?


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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