26 mai 2007

Virenque : « C'est facile »

Présent pour commenter le Giro sur l'antenne d'Eurosport, Richard Virenque a appris à la fin de la retransmission de la 13e étape les aveux de Bjarne Riis. Depuis trois jours, c'est tout un système, celui du dopage à l'EPO dans les années 90, qui est mis à un par les révélations des anciens coureurs de la formation Telekom. C'est pour ce système que Virenque a payé en 1998, lors de la fameuse affaire Festina. Ecarté du Tour de France, le Varois avait ensuite été suspendu.

Aujourd'hui, il regrette les aveux qu'il juge tardifs et la part de coureurs qui, selon lui, ne risquent plus rien. Interrogé par Patrick Chassé, le septuple meilleur grimpeur du Tour l'a mauvaise. "J'ai bien porté le chapeau pour toute une institution, celle des années 90, estime-t-il. Aujourd'hui, toutes ces déclarations, ça fait un peu mal. Pendant l'affaire Festina, j'étais bien seul. Ca a été très dur pour moi, pour ma famille. Ca m'a coûté de l'énergie, de l'argent. J'ai été un peu le dindon de la farce."

"Je suis un peu révolté"
Loin de le combler, ces révélations lui donnent plutôt le sentiment d'avoir été le bouc-émissaire idéal. " J'ai porté tout ça tout seul sur le dos, sur mon nom, alors que c'était monnaie courante. Les coureurs de l'équipe Festina ont bien morflé, poursuit-il. Les langues se délient. On le savait, mais maintenant les gens parlent et on en a la preuve. C'est un peu facile. Selon Virenque, si les aveux se multiplient aujourd'hui, c'est que, les faits étant prescrits, personne ne risque plus rien."

Il s'étonne aussi de voir Jeff d'Hont, qui a déclenché le séisme Telekom, sortir son livre maintenant. "Je ne comprends pas pourquoi monsieur Jeff d'Hont sort un bouquin maintenant et pourquoi il ne l'a pas sorti avant, alors qu'on ne peut plus rien faire. C'est un peu révoltant. On l'a vu pendant le procès Festina. Pendant trois semaines, Jeff d'Hont était là, accusé. Il a été peu bavard. Aujourd'hui, il sort un livre qui fait tout exploser. Je suis un peu révolté."

S'estimant finalement presque plus victime d'un système que coupable des mêmes fautes que les autres, Richard Virenque stigmatise l'hypocrisie du milieu cyclisme durant l'affaire Festina alors, que pour lui, chacun savait que l'EPO était généralisé dans le peloton : "Monsieur tout le monde l'avait compris. Il n'y a que les médias et les instances qui ont joué les hypocrites." Interrogé sur l'état de santé actuel du cyclisme, le Varois s'est voulu optimiste, au risque de passer pour un naïf. "Le cyclisme essaie de repartir sur de bonnes bases. Le cyclisme des années 2000 n'est plus le même que dans les années 90. L'élan est dans le bon sens."

C'est peut-être oublier que si les années 90 appartiennent au passé, l'affaire Puerto, elle, est toujours au coeur de l'actualité. Et Jan Ullrich, toujours muet, est le troublant chainon liant entre ces deux scandales.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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