24 mai 2007
Floyd Landis n'a plus qu'à attendre. Au terme des neuf jours d'audition devant la cour d'arbitrage américaine, les avocats du coureur américain et ceux de l'USADA ont campé sur leurs positions. Landis saura de quoi son avenir sera fait lors... du Tour de France 2007.
L'audition de Floyd Landis, jugé pendant neuf jours pour son contrôle positif lors de son Tour de France victorieux en 2006, s'est terminée mercredi par les plaidoiries des avocats de l'Agence antidopage américaine (USADA) et du cycliste américain. Pendant 90 minutes chacun, Richard Young, pour l'USADA, et Maurice Suh, pour Landis, ont tenté une dernière fois de convaincre les trois membres du panel de la cour d'arbitrage américaine (AAA).
Young a évidemment justifié la suspension de deux ans réclamée par les autorités disciplinaires chargées de la lutte contre le dopage. Et M. Suh a fait un brillant exposé pour tenter de démontrer l'innocence de son client. L'ancien coureur de Phonak devra attendre au moins 6 semaines la décision de l'AAA, soit pendant le Tour de France 2007.
Châtenay-Malabry, entre incompétence et génie
Quand cette décision sera rendue publique, un appel auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS) de la partie déçue de ce verdict devrait faire durer un peu plus l'affaire. "La science est solide. M. Landis avait des traces de testostérone exogène dans ses échantillons de la 17e étape. Il a triché et s'est fait prendre" , a lancé Young avant d'entamer la défense du Laboratoire français de Châtenay-Malabry (LNDD). "Les techniciens du LNDD ont été traités d''incompétents' d'un côté et de 'génies diaboliquement habiles' de l'autre. Ce que Landis tente de nous faire croire est qu'ils sont les deux à la fois", a poursuivi l'avocat.
Le représentant de l'USADA a rappelé que les différents acteurs de la lutte antidopage s'étaient succédé pour répéter leur foi en les résultats. "Le panel a eu la possibilité de juger de leur crédibilité. Ils ont fait leur travail avec fierté. Ce ne sont pas des gens qui ont des choses à cacher", a-t-il poursuivi ajoutant "au contraire de ce que l'on a vu avec Landis dont l'agent a tenté d'altérer un témoignage."
L'incident Georghegan/LeMond
L'incident de Will Geoghegan, ami et agent de Landis, appelant Greg LeMond, la veille de son témoignage, pour l'intimider en proférant des menaces au sujet d'abus sexuels dont il a été victime dans sa jeunesse a été aussi pathétique que perturbant. Et le contre-interrogatoire de Landis, suggérant que ce dernier aurait peut être tenté de dissimuler des aspects de cette histoire, n'a peut être pas aidé son cas. Reste à savoir quelle importance cette "affaire dans l'affaire", loin du dossier technique, va revêtir dans la réflexion des juges.
De technique, il a été beaucoup question avec l'avocat de Landis. Pendant toute sa plaidoirie, ce dernier a insisté sur les erreurs de manipulation, d'identification et de lectures des résultats du LNDD, rappelant tous les témoignages des experts, mandatés par le camp Landis lui-même, qui ont dénoncé le manque de sérieux du LNDD. Certains ont même clairement remis en cause la positivité de Landis en expliquant qu'un travail aussi bâclé ne pouvait pas servir de base pour "suspendre un athlète deux ans". "Ce cas n'aurait même jamais d aller aussi loin dans sa procédure. Mais il l'a été. Et il devrait s'arrêter maintenant" , a conclu Suh.
La question à laquelle devront répondre les juges est de savoir si les erreurs et les manquements reprochés au LNDD ont oui ou non joué un rôle dans le résultat des analyses. De la réponse à cette question dépend l'avenir de Floyd Landis.
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