24 mai 2007

Au tour de Zabel

L'Allemand Erik Zabel, aujourd'hui chez Milram, a reconnu jeudi s'être dopé à l'EPO en 1996 lorsqu'il portait le maillot de l'équipe Telekom. Cette année-là, le Berlinois s'était adjugé son premier maillot vert sur le Tour de France. Jan Ullrich, lui, continue de nier en bloc.

Le voile n'en finit plus de tomber sur les pratiques de la formation Telekom dans les années 90. Et ce qu'il révèle, à défaut de surprendre, déçoit. Après Bert Dietz, Christian Henn, Rolf Aldag et Udo Bölts, un cinquième coureur a avoué qu'il avait pris de l'EPO alors qu'il portait le maillot de la Magenta. L'impact de cette nouvelle est cette fois d'autant plus fort qu'elle émane d'un des grandes stars de Telekom (puis de T-Mobile), Erik Zabel. L'Allemand, figure majeure du peloton depuis une quinzaine d'années, est un des coureurs les plus respectés et les plus admirés.

Jeudi, Zabel a profité de la conférence de presse donnée par la formation T-Mobile, où on ne l'attendait pas, pour passer aux aveux. Très ému, il a expliqué qu'il s'était "dopé à l'EPO en 1996", confirmant ainsi les récentes révélations de ses anciens coéquipiers. "Ce n'était peut-être pas nécessaire mais j'ai voulu briller pour les fans, a-t-il ajouté. Tout le monde ne se dopait pas à l'époque, moi j'ai essayé mais cela n'a pas duré. Ce n'était pas utile ".

Ullrich, un homme seul
Le Berlinois, qui avait conquis en 1996 le premier de ses six maillots verts sur le Tour de France, assure que cette expérience n'a pas duré. "J'ai arrêté après une semaine de prise à cause des effets secondaires. C'était ma seule expérience avec le dopage durant toute ma carrière", a souligné Zabel, à plusieurs reprises au bord des larmes. Faut-il le croire ? C'est affaire de sensibilité et de conviction. Après tout, Zabel, comme tant d'autres, a menti impunément pendant des années. Ses aveux sont tardifs. Peu importe après tout. Qu'il se soit dopé une semaine, un an ou dix, il s'est dopé. Et son statut de star donne un effet dévastateur à son coming out.

Évidemment, les regards se tournent désormais vers les deux autres grandes vedettes de l'époque chez Telekom. En 1996, Bjarne Riis remportait le Tour de France devant Jan Ullrich, lequel allait succéder au Danois un an plus tard au palmarès de la Grande Boucle. Dans ce système visiblement organisé, comment imaginer que les deux meilleurs éléments de l'équipe soient passés au travers des mailles du filet ? Un de ses avocats, Peter-Michael Diestel, avance une explication toute simple : "Ullrich, avec son talent exceptionnel, n'avait pas besoin de se doper".

Il ne faut donc pas compter sur Ullrich pour avouer. Dans l'affaire Puerto, les tests ADN, pourtant si accablants, n'ont pas suffi à le faire céder. On peut imaginer que des confessions aussi tardives de ses anciens camarades ne le chatouilleront pas davantage. Seul (légère ouverture), Ullrich pourrait nous refaire le coup du célèbre dopage à l'insu de son plein gré. "Jan Ullrich n'est pas médecin mais sportif de haut niveau : à cet égard, il avait toute confiance dans la direction de son équipe", a ainsi souligné son avocat. Au cas où... Reste qu'Ullrich se trouve aujourd'hui de plus en plus isolé. Seul avec sa conscience. Seul avec son mensonge. Il est plus à plaindre qu'autre chose.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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