Le vainqueur de la dernière édition du Tour de France, Floyd Landis, veut faire de son audition pour dopage programmée la semaine prochaine un spectacle truffé de surprises et de révélations dérangeantes.
Landis sera entendu à partir de lundi par l'Agence américaine antidopage (USADA). Pendant le Tour de France, il a été contrôlé positif à l'issue de la 17e étape selon la méthode du rapport testostérone/épitestostérone. Landis, qui a toujours démenti s'être dopé, risque une suspension de deux ans et la perte de son titre s'il est convaincu de dopage.
Landis, qui pourrait devenir le premier coureur de l'histoire de Tour déchu de sa première place, a déclaré qu'il mettrait un terme à sa carrière s'il perdait et s'il ne parvenait pas par la suite à obtenir gain de cause en appel.
Mais le cycliste de 31 ans ne pense pas qu'il va perdre. Et il souhaite utiliser son audition de 10 jours pour mettre KO l'agence américaine antidopage, qu'il accuse d'être fondamentalement corrompue.
"S'ils perdent cette affaire, ils cessent d'exister", a déclaré Landis jeudi lors d'une conférence de presse. "Je ne vois pas d'alternative. Ça n'aurait aucun sens qu'ils continuent."
Depuis sa création par le Comité olympique américain en 2000, l'USADA a porté 34 affaires devant des commissions d'arbitrage du type de celle qui va entendre Landis à l'Université Pepperdine de Malibu. Et l'USADA a gagné à chaque fois.
"J'ai souvent dit que j'aimerais que le public puisse être une mouche sur un mur pour voir à quel point le processus a été conçu de façon équitable", a déclaré le docteur Gary Wadler, un membre de l'Agence mondiale antidopage qui a aussi fait office de médiateur.
Dans le passé, les auditions étaient interdites au public, en partie pour protéger les athlètes de révélations embarrassantes. Mais à la demande de Landis, cette audience sera publique.
L'Américain souhaite utiliser son audition pour démontrer que les autorités chargées de la lutte contre le dopage font leur travail de manière frauduleuse.
"Le fait est que les gens qui font les tests, les gens qui accusent les athlètes, sont beaucoup plus immoraux que les athlètes", a-t-il déclaré.
Landis a engagé Howard Jacobs, un avocat spécialisé dans la défense d'athlètes accusés de dopage. Il a aussi engagé Maurice Suh, un spécialiste des affaires de fraude gouvernementale.
La présence de Suh révèle clairement la stratégie de base de Landis: attaquer autant le protocole médical que les résultats scientifiques.
"C'est un test très compliqué, un test très technique", a déclaré Jacobs. "Si par exemple vous prenez cinq choses qu'ils ont mal faites en analysant l'échantillon et que le panel d'arbitrage juge que ces cinq choses signifient que le résultat n'est pas fiable, certains diront que c'est un détail technique. Je ne suis pas de cet avis."
Depuis qu'il a été accusé de dopage, Landis a créé un fonds de soutien, le "Floyd Fairness Fund", qui lui a permis de récolter plus de 500 000 dollars (369 630 euros) pour financer sa défense.
Landis accuse le laboratoire français de Châtenay-Malabry qui a effectué son contrôle d'avoir commis de nombreuses erreurs, notamment d'avoir mal étiqueté ses échantillons, de les avoir mal manipulés et d'avoir mal interprété les résultats des tests.
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