
Le pavé 2007 qui sera remis au vainqueur du Paris-Roubaix de dimanche prochain est présenté par
Jean-François Pescheux, directeur des compétitions à ASO, Christian Prudhomme, directeur du Tour de France
depuis le 1er février 2007 et Jean-Marie Leblanc, retraité depuis le même jour.
photo : Daniel Fertin
J'avais le choix
Note du webmestre : Daniel FERTIN nous raconte :
« Ce matin j'avais le choix, soit j'allais à Vimy, j'en avais pas mal envie, je ne suis pas du tout militariste ni "ancien combattant" mais à part pour le centenaire, dans 10 ans, je ne suis pas sûr de revoir un tel évènement.
L'alternative était la reconnaissance des pavés de Paris-Roubaix, avec toutes les huiles d'ASO.
Devine où je suis allé : avec l'amie de Louis Garneau et de Martin Gilbert ou avec Jean-Marie (Leblanc) ? »
mars 2007
En 1949 les vedettes sont nombreuses au départ de la Classique nordiste, que des grands noms, à l’époque la spécialisation n’est pas encore apparue et l’on retrouve parmi les favoris des Coppi, Bobet, Kubler, Van Steenbergen, Mahé, Idée, Gauthier ou Schootte. Maintenant il est fort improbable qu’un vainqueur de la Grande Boucle se présente à Compiègne pour la Reine des Classiques.
La course se déroule normalement, attaques et contres se succèdent mais la bonne échappée se dessine à un peu plus de 25 kilomètres du vélodrome roubaisien. Finalement il sont trois à se présenter aux portes du vélodrome : André Mahé, Jacques Moujica (France) et Frans Leenen (Belgique). Le bouquet du vainqueur ne peut plus échapper à l’un de ces trois fuyards mais c’est sans compter une erreur d’un agent de police qui, en voulant détourner les voitures suiveuses, envoient également les 3 échappées sur le parcours de dérivation. Bien vite nos trois hommes s’aperçoivent de leur erreur, dans la confusion Moujica tombe et casse une pédale alors qu’André Mahé, est guidé par un journaliste qui lui indique comment rejoindre le vélodrome en escaladant une petite porte derrière la tribune de presse. Ils rejoignent tous les deux la piste roubaisienne et le Français l’emporte au sprint devant le Belge. Pour lui il a gagné Paris-Roubaix. Le public, toujours nombreux pour ce rendez-vous cycliste ne comprend pas quand il voit arriver, quelques secondes après un peloton dont le sprint est remporté par Serce Coppi, le frère du « Campionissimo ».

André Mahé effectue son tour d’honneur et reçoit le bouquet du vainqueur c’est lui le vainqueur, mais quand il sort de la douche il apprend que Serce, sous les incitations de son frère Fausto a déposé réclamation car André Mahé n’a pas effectué le parcours normal de l’épreuve (effectivement il en a même effectué plus). L’aventure du Paris-Roubaix 1949 va débuter, elle durera 6 mois.
Dans un premier temps les autorités françaises du cyclisme confirment les places d’André Mahé et de son second. La fédération italienne fait appel, on ne peut jouer avec le nom de Coppi. En août l’Union cycliste Internationale annule le résultat et donne rendez- vous en novembre pour prendre une décision. Fausto Coppi menace quelques temps avant la décision de ne plus revenir sur la Classique si on ne rend pas la victoire à son frère. Finalement, pour ne laisser personne mécontent, l’UCI décide qu’André Mahé et Serce Coppi seraient classés premiers ex-aequo.
Cette victoire du frère du Campionissimo sera la plus importante ligne de son palmarès. Malheureusement, en juin 1951, il chute lors du Tour du Piemont mais finit l’épreuve. Le soir même, il doit être hospitalisé d’urgence où il décède d’un œdème cérébral.
Quant à André Mahé, il ne s’explique pas encore aujourd’hui, lorsqu’on l’interroge chaque année à Compiègne à l’occasion de la présentation de Paris-Roubaix, ce qui a bien pu se passer.
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