20 avril 2007


photo : Jacques Boissinot, Presse Canadienne

La recette Prémont

Le sale temps de la dernière quinzaine n'a pas fait pester que monsieur ou madame Tout-le-Monde. Le rouleau c'est bien beau, mais être enfermée entre quatre murs n'est pas le truc de Marie-Hélène Prémont. Un petit week-end en Belgique devrait la divertir.

Pas trop stressée, Prémont ne s'est envolée qu'hier soir vers le pays de Jacques Brel en vue de la première course de sa saison, dimanche, à Houffalize. Aujourd'hui, la cycliste de Château-Richer, accompagnée de son copain, déposera ses valises dans un bed & breakfast où elle a ses habitudes. Elle ira ensuite reconnaître un parcours qu'elle connaît assez bien et qu'elle apprécie à moitié (un peu trop d'asphalte à son goût).

Dimanche, elle agrafera le dossard 2 - son classement de l'an dernier - sur son maillot Rocky Mountain avant de s'élancer pour la première étape du circuit de la Coupe du monde.

Elle rentre au Canada le lendemain. Aussi simple que cela. La recette est éprouvée et Prémont n'a pas l'intention de la changer.

« Ça fonctionne bien. J'ai fait des tests et ce ne serait pas mieux de partir une journée plus tôt car c'est toujours la troisième nuit où j'ai le plus de difficulté à trouver le sommeil. Deux jours avant, c'est la bonne stratégie », a expliqué Prémont en entrevue téléphonique, quelques jours avant son départ.

Médaillée de bronze aux derniers Championnats du monde, l'athlète de 29 ans n'a pas d'ambitions précises en ce début de saison, sinon que de continuer à se classer parmi les cinq premières. Sans être catastrophique, sa préparation n'a pas été idéale compte tenu des aléas de la météo.

« Je pensais pouvoir rouler plus que ça. La pluie, la neige, ça n'a pas été évident. Oui, ça m'a affectée », a reconnu Prémont, néanmoins rassurée par les résultats de tests sur vélo stationnaire.

Prémont souligne également qu'elle ne connaît pas, pour le moment, la force de ses rivales habituelles ni l'identité de celles qui, bon an mal an, émergent.

En tout cas, la Norvégienne Gunn-Rita Dahle Flesja, numéro un mondiale, et l'Allemande Sabine Spitz, ancienne championne du monde, se sont déjà montrées sur route lors du Tour des Flandres, il y a deux semaines. Les deux ont fini dans le peloton principal.

À l'approche des Jeux olympiques de Pékin, les Chinoises seront aussi un facteur à considérer.

« Il y a environ trois ans, elles se classaient pratiquement dans les dernières. L'an dernier, on en a vu dans le top 10 à quelques reprises, a fait remarquer Prémont. C'est comme dans tous les sports : elles sont arrivées d'un peu nulle part. Cette année, les Chinoises risquent d'être souvent vraiment proches du podium. »

Au sujet de Pékin, Prémont adopte la même attitude qu'envers ses courses : rien ne sert de s'énerver. L'échéance est dans un peu plus de 15 mois. Je veux rester au sommet de ma forme, mais c'est un peu tôt pour dire que je suis en préparation olympique. Ça va être plutôt l'an prochain qu'il va falloir s'acclimater à différents facteurs comme l'humidité, la chaleur, la pollution », a noté Prémont, qui mettra néanmoins la pédale douce sur ses études en pharmacie d'ici là.

Vice-championne à Athènes, Prémont a prouvé l'an dernier qu'elle représente l'un des plus beaux espoirs de médaille canadiens en vue des JO de Pékin. Elle s'est entre autres signalée en remportant deux épreuves de Coupe du monde, dont sa deuxième victoire consécutive au mont Sainte-Anne, dans sa cour arrière.

L'épreuve de Sainte-Anne, un succès de foule et d'organisation, reviendra le 24 juin cette saison. Et nouvelle réjouissante pour Prémont, qui préfère de loin la vie sédentaire aux voyages : annulée à la fin du mois dernier, la Coupe du monde d'Angel Fire, au Nouveau-Mexique, sera reprise par Saint-Félicien, le le, juillet.

« On n'aurait pas tendance à penser qu'il y a un potentiel de Coupe du monde là-bas, mais le vélo de montagne s'est vraiment développé dans la région. Le parcours, dans lequel beaucoup d'argent a été investi, risque d'être A 1 », a commenté Prémont, qui y a déjà disputé une Coupe du Québec.

Si la nouvelle a de quoi enchanter les gens du Lac-Saint-Jean, ce changement de dernière minute soulève cependant des questions sur la santé du vélo de montagne en général.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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