20 avril 2007


photo d'archives Claude Rivest

Lyne Bessette hésite encore

La piste olympique ou le cyclo-cross ?
Lyne Bessette se convertira-t-elle au cyclisme sur piste et repartira-t-elle, pour une troisième fois, à la conquête d'une médaille olympique? Même la principale intéressée roule encore en plein mystère...

De retour de 10 jours d'essais privés à Los Angeles, avec son entraîneur Éric van den Eynde, la grande dame du cyclisme canadien était contente de ses performances sur piste, mais pas satisfaite.

« J'ai fait de très bons temps, mais ça prend plus que 10 jours pour devenir bonne sur la piste » résumait Bessette, de retour à sa résidence d'été, à Bromont.

« Dans une course, je me serais classée autour du 12e rang et, pour moi, cela ne vaut rien. Si je reprends du service, ce sera pour gagner.

« Cela dit, je m'entraîne pour la piste depuis six mois à peine.

« J'ai donc décidé de prendre l'été pour bien évaluer mes capacités avant de faire mon choix entre la piste et le cyclo-cross. »

La passion du cyclo-cross, mais l'appel olympique de la piste
Le calendrier officiel de compétition du cyclo-cross ne débutant qu'à l'automne, Lyne Bessette peut prolonger sa réflexion sans problème.

Après avoir pris sa retraite du cyclisme sur route en mai 2006, parce qu'elle en avait assez des dislocations d'épaule, l'athlète de 31 ans s'est découvert une passion pour les compétitions de cyclo-cross, une discipline où les risques de blessures sont moins élevés.

Par ailleurs, Bessette court - et gagne - les Grands Prix de cyclo-cross en compagnie de son mari, le cycliste professionnel américain Tim Johnson, une façon plutôt agréable de faire de la compétition. L'an dernier, Bessette a gagné la série des Grands Prix des États-Unis et Johnson s'est classé deuxième chez les hommes.

Mais le cyclo-cross n'est pas une discipline olympique tandis que le vélo sur piste l'est.

Et la poursuite individuelle sur piste présente aussi l'avantage d'être moins violente que la route.

«Ce que j'aime bien aussi, c'est que le cyclisme sur piste fait appel à des forces en moi que je n'ai jamais vraiment exploitées», confiait encore cette remarquable athlète, pour qui le vélo continue d'être un mode de vie, d'une redoutable intensité.

«Comme je dois développer ma puissance, ma force brute, j'ai fait de la musculation tout au long de l'hiver», ajoutait-elle.

Elle s'entraîne sur les deux fronts
Pour le moment, Bessette s'entraîne sur les deux fronts.

« Je roule au vélodrome de Bromont et sur les sentiers de cyclo-cross », expliquait la cycliste.

« Mon entraîneur a même transposé des exercices de piste sur des sentiers de cyclo-cross pour moi !

« Je travaille sérieusement mes aptitudes pour la piste, mais je ne veux pas me stresser avec ça.

« Éric (son entraîneur) et moi, nous explorons. On verra bien ce qu'on trouvera... »

Bessette s'est, d'autre part, rendue compte que son entraînement pour la piste rapportait des dividendes sur les sentiers de cyclo-cross.

« Quand je roule avec les gars, je suis capable de leur chauffer les fesses, à cause de ma nouvelle puissance », dit-elle, en parlant de ses sorties de cyclo-cross en bande, avec son mari et les copains compétiteurs du couple.

Bessette et sa bande seront d'ailleurs à l'oeuvre dimanche, en Ontario, à l'occasion de la classique Paris-Ancaster.

Cette course de 60 km, qui en est à sa 14e édition, se déroule sur des routes de ferme, des chemins de cailloux et des sentiers boueux.

À suivre...

• Le cyclo-cross se déroule sur des sentiers hors route, mais moins acrobatiques que ceux de vélo de montagne.

• En cyclo-cross, le compétiteur fait du portage de vélo dans les côtes abruptes et il peut changer de monture jusqu'à trois fois durant une course quand la boue accumulée devient trop lourde.

Deux rendez-vous manqués
C'est en 1998 que Lyne Bessette a livré la plus célèbre prestation de sa carrière, enlevant la médaille d'or à la course sur route des Jeux du Commonwealth à Kuala Lumpur, en Malaisie.

Aux Jeux olympiques de Sydney, une mésentente avec Geneviève Jeanson et une course mal jouée par l'équipe canadienne, vaudra une 22e place à Bessette. À Athènes, ce sera la chute d'une cycliste devant elle qui lui coûtera sa course.

Louis Barbeau est confiant
Louis Barbeau, le directeur de la Fédération québécoise du cyclisme, n'a pas de doute quant à la capacité de Lyne Bessette d'atteindre un chronomètre de 3 minutes 45 secondes, le standard olympique, en poursuite individuelle sur piste.

« Mais il lui faut vraiment plus de temps pour effectuer la transition », précisait cependant l'expert.

« On sait déjà qu'elle a l'endurance et la détermination et elle semble être en mesure d'augmenter sa vitesse.

« Il faut maintenant qu'elle développe sa capacité à soutenir un effort élevé. »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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