30 avril 2007

L'Agence française de lutte contre le dopage reste sourde
aux nouvelles attaques de Landis

Le président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Pierre Bordry, est resté sourd lundi aux nouvelles attaques de Floyd Landis contre le laboratoire de Châtenay-Malabry, qu'il assimile à une nouvelle manoeuvre procédurière du cycliste américain avant son audition aux Etats-Unis.

Dans un communiqué, le vainqueur du Tour de France 2006 et ses avocats ont accusé le laboratoire national de lutte contre le dopage d'avoir utilisé des logiciels trop vieux lors des analyses. Selon le camp Landis, le laboratoire aurait également "nettoyé" le disque dur de la machine à analyses et détruit tous les fichiers originaux, "empêchant de fait la vérification de l'authenticité des fichiers électroniques des analyses IRMS effectuées sur l'échantillon de Landis de la 17e étape."

La technique de l'IRMS distingue l'origine de la testostérone détectée, naturelle ou synthétique.

Pendant le Tour de France, Landis a été contrôlé positif à l'issue de la 17e étape selon la méthode du rapport testostérone/épitestostérone. Landis, qui a toujours démenti s'être dopé, risque une suspension de deux ans et la perte de son titre s'il est convaincu de dopage. Le coureur américain doit comparaître le 14 mai prochain devant un panel de l'Agence américaine antidopage (USADA).

"Pour moi, tout ça est une bataille de contentieux entre l'USADA et Landis compte-tenu de la date de son audition du 14 mai qui approche", a déclaré Bordry, joint par téléphone. "Moi, ce qui m'intéresse, c'est l'échantillon B positif du mois d'août. J'ai demandé à des experts étrangers à l'affaire de me dire si les analyses de cet échantillon avaient été faites correctement. Ces résultats seront difficiles à contester quel que soient leur sens. Je transmettrai ces résultats aux avocats de Landis quand je les aurai."

La semaine dernière, le journal L'Equipe a annoncé que les analyses complémentaires réalisées en France à la demande de l'USADA sur les sept échantillons de Floyd Landis prélevés lors du Tour de France 2006 et classés négatifs dans un premier temps laisseraient clairement apparaître, à plusieurs reprises, des traces de testostérone synthétique.

"Le LNDD est accrédité par l'AMA et le COFRAC (NLDR: une association chargée d'accréditer les laboratoires), un organe complètement indépendant", a rappelé Bordry. "J'attends que le COFRAC, qui intervient tous les six mois, confirme la qualité des logiciels et des pratiques d'analyses."

Si Landis est convaincu de dopage, il deviendra le premier coureur dans l'histoire du Tour à être privé de son titre. Il a d'ores et déjà accepté de ne pas disputer la course cette année pendant la durée de l'affaire en vertu d'un accord passé avec l'AFLD. Il s'est engagé à ne participer à aucune course cycliste en France d'ici à la fin de l'année 2007.

Landis a également annoncé qu'il envisageait de faire appel au ministère de la Justice américain (DOJ).

"Je trouve très suspect que de tous les fichiers qui se trouvent sur l'équipement informatique du LNDD, seuls ceux relatifs à mon prétendu contrôle positif montrent des signes de possibles manipulations", a expliqué Landis. "J'ai l'impression que le but de l'USADA est de garantir une condamnation par tous les moyens alors que le DOJ sera plus déterminé à établir la vérité."


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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