31 mars 2007

La détermination, la grâce et l'intégrité

Les trois plus grands athlètes des 30 dernières années. Facile. Jusqu'à ce qu'on commence à essayer d'éliminer des noms.

Comment tasser Gilles Villeneuve, ce casse-cou indomptable pour qui les limites ne servaient qu'à une chose : être dépassées ?

Comment ignorer Alexandre Despatie, ses trois championnats du monde et sa phénoménale capacité à faire fi de la pression ?

Comment oublier Guy Lafleur, dont les montées électrisantes sur la glace du Forum représentent probablement mes plus anciens souvenirs de sport ?

Sérieusement, comment laisser de côté Myriam Bédard, Clara Hughes ou Caroline Brunet ?

Mon podium personnel a bien dû changer 10 fois cette semaine. Je trouvais inexcusable de ne pas y faire monter au moins une femme. Mais toujours, j'en revenais aux mêmes noms et au bout du compte, il faut se fier à son instinct.

Pour moi, les trois plus grands athlètes de cette génération sont, dans l'ordre, Gaétan Boucher, Mario Lemieux et Pierre Harvey.

Ce qu'a accompli Gaétan Boucher aux Jeux olympiques de Sarajevo est immense. Médaillé d'or aux 1000 et 1500 m, de bronze au 500 m, il a battu la grosse machine soviétique. Il n'est pas exagéré de dire qu'il a fait perdre leurs complexes à toute une génération d'athlètes canadiens. Subitement, ça devenait possible. Des champions olympiques comme Sylvie Bernier et Clara Hughes ont d'ailleurs reconnu leur dette envers lui.

Son triomphe à Sarajevo était le triomphe de la détermination. Face à des adversaires qui bénéficiaient d'un encadrement et de conditions d'entraînement sans commune mesure avec les siens. Et face à l'adversité : 11 mois avant les Jeux, il s'était fracturé la jambe lors d'une épreuve de courte piste.

Mario Lemieux, c'est la grâce. L'insolente aisance d'un hockeyeur une tête au-dessus de tout le monde, au propre comme au figuré. Un poète sur patins que le cancer et des maux de dos récurrents n'ont pas réussi à abattre. Et le don de briller sur toutes les scènes: à la Coupe Canada, en finale de la Coupe Stanley, lors des Jeux olympiques de 2002.

Quant à Pierre Harvey, il n'a peut-être pas gagné de médaille olympique. Mais ce skieur de fond et cycliste a été le premier Canadien à participer aux Jeux d'hiver et d'été de la même olympiade, en 1984. Le premier à gagner (trois fois) une épreuve de la Coupe du monde de ski de fond. Surtout, c'était un pur athlète sa capacité cardio-respiratoire reste légendaire, deux décennies après sa retraite et un athlète pur, dans un sport où le dopage faisait des ravages. Harvey incarne l'intégrité dans la quête de la performance et l'humilité dans l'effort. On ne peut pas en demander beaucoup plus à un athlète.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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