Laurence Girard
Les premières stations de vélos vont apparaître dans les rues de Paris, début avril. Mi-juillet, le maire, Bertrand Delanoë, inaugurera le système de vélos en libre-service. Selon le contrat, il devrait y avoir alors 14 100 bicyclettes et 1 000 stations. Fin 2007, 20 600 vélos devraient sillonner les rues de Paris et se répartir sur 1 450 stations. Des chiffres qui donnent la mesure du défi que doit relever JCDecaux, vainqueur d'une compétition sans merci avec son principal rival Clear Channel.
"C'est la première fois que nous mettons en oeuvre un tel programme", reconnaît Jean-Charles Decaux, coprésident de l'entreprise JCDecaux. Lyon, qui est aujourd'hui la référence, dispose de 3 500 vélos et devrait en compter 4 000 à la fin de l'année. La clé du succès de ce nouveau mode de transport public : "maillage, simplicité et prix", résume M. Decaux.
Le maillage dense sera une réalité à Paris. "Il y aura une station tous les 270 mètres et, dans certains quartiers, tous les 100 mètres. Ce foisonnement permettra au système de s'autoréguler et d'assurer la disponibilité des vélos", précise Rémi Pheulpin, directeur de l'exploitation de JCDecaux.
Toutefois la projection de l'expérience lyonnaise sur Paris n'est pas chose aisée. "Nous devrions passer de 20 000 usages par jour à Lyon, à 250 000 à Paris", selon M. Pheulpin. Pas question de créer des files d'attente pour décrocher un deux-roues. Les "bornettes" où ils sont fixés sont devenues "intelligentes" et capables de lire la carte de l'abonné.
Maintenance
Résultat : 20 vélos peuvent être loués en même temps à une station. Cette sophistication des "bornettes" a un autre intérêt : le vélo, délesté de son électronique, a été simplifié. A la clé : une réduction de coût, de poids et une plus grande fiabilité. Car, JCDecaux a découvert, à Lyon, le coût de la maintenance cette flotte. " Chaque vélo coûte de 2 500 à 3 000 euros", précise M. Decaux. A Paris, 200 personnes (à bicyclette) seront chargées du dépannage in situ.
Le concurrent malheureux, Clear Channel s'est interrogé sur la faisabilité d'un tel projet en un calendrier aussi serré. "En terme industriel, nous serons prêts. Nous tiendrons le calendrier, sauf si il y a des retards qui ne nous sont pas imputables", affirme M. Decaux. A la Ville de Paris de livrer à temps les sites pour l'implantation des stations. A priori, les services techniques avaient fixé une liste de 800 sites. Une centaine d'entre eux seraient aujourd'hui livrables.
Reste à connaître l'impact d'un tel projet sur le modèle économique de JCDecaux. La bataille toujours plus vive avec ses concurrents Clear Channel et CBS Outdoor a un prix.
A Paris, comme à Lyon, JCDecaux a "offert" une flotte de vélos et accru la redevance versée à la municipalité pour continuer à toucher les recettes de son réseau de panneaux publicitaires. "Mais le modèle est différent selon les villes. Le financement ne peut être assuré lorsque le volume publicitaire ne le justifie pas", prévient M. Decaux. A Aix-en-Provence ou Marseille, la ville paiera ses vélos.
JCDecaux, qui a réalisé un bénéfice net de 201 millions d'euros en 2006 a annoncé, le 14 mars, l'effritement de la marge de son activité de mobilier urbain. Cette baisse, compensée par les activités de transport et d'affichage, devrait se poursuivre en 2007. Les investissements devraient croître fortement, à 250 millions d'euros.
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