28 mars 2007

À 16 mois des Jeux olympiques de Pékin, Marie-Hélène Prémont perd son entraîneur Michel LeBlanc, dont le contrat vient d’être résilié par l’Association cycliste canadienne pour une question de budget.

LeBlanc, qui agissait comme entraîneur national de vélo de montagne, verra son mandat se terminer le 15 juin. Ce spécialiste québécois passera dans la moulinette, tout comme un autre entraîneur national, Stephen Burke (paracyclisme), et trois employés administratifs de l’ACC.

« Je préfère ne pas commenter pour le moment. Je veux prendre la semaine pour analyser tout ça », nous a confié LeBlanc, qui a appris la nouvelle la semaine dernière.

« Il faut préciser que cette décision n’a rien à voir avec la qualité de l’individu », signale Pierre Blanchard, président de l’ACC.

Épidémie répandue
Cette décision se tramait depuis plusieurs semaines et avait même été évoquée à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de l’ACC, l’automne dernier. Une diminution des revenus de la part de Sports Canada avait actionné une première alarme.

Mais le récent budget fédéral n’a pas corrigé les déceptions vécues par 28 sports d’été, qui ont tous vu le débit du robinet diminuer dans la dernière année. Cette situation a atteint un tel niveau critique que le Comité olympique canadien (COC) réclame un réajustement du premier ministre Stephen Harper.

« Les athlètes canadiens des sports d’été méritent d’avoir les mêmes chances de succès international que leurs collègues des sports d’hiver, qui ont reçu un soutien additionnel (...) par le truchement du programme À nous le podium 2010 », a exprimé le président du COC, Michael Chambers, au terme d’une assemblée tenue à Whistler, en fin de semaine.

Protéger les athlètes
Un budget aminci et des revenus espérés en commandites qui ne se sont pas concrétisés ont forcé l’ACC à supprimer ces postes. Derrière la logique repose l’intérêt des athlètes à potentiel de médaille olympique, dont Marie-Hélène Prémont.

« On ne voulait pas toucher aux programmes de nos athlètes », explique le président Blanchard, citant l’exemple de permettre à Prémont de participer au maximum d’épreuves internationales d’ici aux Jeux de Pékin.

« Si on ne voulait pas se diriger vers un déficit récurrent, il fallait prendre une décision rapidement. Il y a eu une grande réflexion. Ce ne fut pas une décision prise du jour au lendemain », se défend le président. Si l’ACC s’encourage avec l’idée de dénicher des moyens financiers pour un nouveau partenariat avec LeBlanc, elle a dû, entretemps, remanier son organigramme. Les disciplines de la route, de la piste, du vélo de montagne et du paracyclisme relèveront dorénavant de deux entraîneurs, l’un dans l’est et l’autre dans l’ouest du Canada. Vincent Jourdain a été retenu pour le job dans l’est.


28 mars 2007

« Je n’avais pas vu venir le coup » - Marie-Hélène Prémont

« J’avais entendu dire qu’il y avait quelques problèmes financiers, mais j’avoue que je n’avais pas vu venir le coup. »

Joviale comme toujours, Marie-Hélène Prémont a voulu minimiser les conséquences de devenir orpheline de son entraîneur, Michel LeBlanc.

Comme ce dernier ne perdra officiellement son emploi que le 15 juin, la médaillée olympique se réjouit de pouvoir compter sur ses services pour les trois premières épreuves de la Coupe du monde de vélo de montagne, prévues en Belgique (22 avril), en Allemagne (27 mai) et en Suisse (10 juin). Rouler « à la maison » aux courses suivantes, soit au mont Sainte-Anne (24 juin) et à Saint-Félicien (1er juillet), diminuera les effets de l’absence de LeBlanc à ses côtés.

« Il arrive beaucoup d’imprévus dans une carrière et tout athlète doit apprendre à être autonome », se résigne la cycliste de 27 ans.

Inéquitable
Les Jeux olympiques de Pékin demeurent fixés au centre de la cible de Prémont. S’il est trop tôt pour elle pour évaluer ce que représente la perte de LeBlanc, elle salue toutefois les efforts de l’ACC d’avoir préservé les programmes des athlètes. Elle ne peut s’empêcher, cependant, de comparer les aides fédérales partagées entre les sports d’hiver et d’été.

« C’est bien que les sports d’hiver soient supportés comme ils le sont, mais ça a affecté les sports d’été. Je ne pense pas que la situation soit équitable. La première preuve qu’on vit des coupures, c’est lorsqu’on voit ce qui se produit à l’ACC », soutient l’athlète de Château-Richer.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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