8 février 2007

Fin du bras de fer pour l'AFLD, début des ennuis pour Landis

Le cycliste américain Floyd Landis, contrôlé positif à la testostérone durant son Tour de France victorieux en 2006, étrenne jeudi, via ses avocats, sa ligne de défense devant l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) avec qui il ferraille depuis plusieurs mois.

Les 9 membres du collège de l'AFLD - dont des magistrats - sont les premiers juges à tenir audience dans cette affaire. Ils vont décider de l'avenir de Landis sur le territoire français, seule l'agence antidopage américaine (USADA) ayant le pouvoir de le suspendre globalement, pour deux ans selon la norme. Le retrait de son titre de vainqueur du Tour-2006 est, lui, de l'unique ressort de la Fédération internationale (UCI). L'AFLD, sous pression depuis plusieurs jours, peut également suivre les conseils de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Par la voix de son président Richard Pound et de son vice-président Jean-François Lamour, l'AMA a plaidé pour un report par l'AFLD de l'examen du dossier Landis jusqu'à la fin de la procédure de l'USADA qui ne devrait pas débuter avant mars. Et ce pour éviter toute interférence.

Pierre Bordry, président de l'AFLD, s'est félicité mercredi que M. Lamour ait prodigué son conseil en tant que N.2 de l'AMA et non comme ministre français des sports. "Ce serait étrange qu'un ministre me demande de ne pas appliquer la loi", a-t-il noté, ajoutant que le "collège se prononcera(it) librement". La loi, justement, brouille un cas qui n'en avait pas besoin et perturbe la vision américaine du dossier: le 17 juillet dernier, date du contrôle positif du futur vainqueur dans l'étape de Morzine, l'AFLD s'appelait CPLD et était disciplinairement compétente pour toute infraction commise en France lors d'une compétition internationale. Depuis le 1er octobre 2006, l'AFLD ne l'est plus mais agit de manière rétroactive. Elle refuse de se contenter d'envoyer les conclusions de l'analyse à l'USADA.

Pour l'honneur
L(es) avocat(s) mandaté(s) par Landis vont, si débat contradictoire il y a, pouvoir affûter jeudi les arguments qu'ils présenteront devant l'USADA et qui reposent sur "l'incurie" du laboratoire français de Châtenay-Malabry: une "erreur d'analyse" commise par un établissement "coutumier du fait", une "contamination de l'échantillon analysé", une "non-application des modèles de bonne pratique de l'AMA" dans le déroulement de l'analyse. "Nous espérons qu'ils (l'AFLD) vont suspendre la procédure", a déclaré Brian Rafferty, le président du comité de soutien de Landis, lors d'une téléconférence mercredi. Il a assuré que 150.000 dollars avaient été collectés depuis janvier par son comité pour aider au financement des frais de justice de Landis. "Les résultats ne sont pas fiables, a affirmé Arnie Baker, un autre de ses soutiens, ancien médecin et ancien entraîneur de Landis. Les échantillons sont contaminés et mal étiquetés." Landis, qui affirme avoir un taux de testostérone naturellement élevé, a en effet tissé depuis des mois un véritable réseau de juristes et de médecins afin de peaufiner sa défense. Dans quel but? L'honneur sans doute. L'Américain de 31 ans, sans équipe, opéré à l'automne d'une hanche et sans doute bientôt de la seconde, a annoncé récemment avoir "pratiquement" renoncé à disputer la saison 2007.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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