19 février 2007

Le patron des sports de France Télévision
ne semble pas trop s’alarmer du dopage dans le cyclisme

Sébastien Bouyrie

Daniel Bilalian serait-il un hypocrite ou un simple patron des sports de télévision qui essaie de défendre sa chaîne ? Peut-être les deux. Allez savoir. Ce n’est pas incompatible.

Interrogé par Florence Dauchez dans Plus Clair sur Canal +, sur le dopage dans le cyclisme, Monsieur Bilalian ne semble pas trop se préoccuper de savoir à qui cela porte tort, à part pour sa chaîne. Il était question d’annonceurs sur le Tour de France, un Tour qui a vu 600 000 télespectateurs se volatiliser. Un Tour qui, d’après quelques journalistes et le directeur de Carat Sport, pourrait justement voir les annonceurs prendre un jour ou l’autre leurs jambes à leur cou, histoire de ne pas être éclaboussé par les affaires de dopage.

Je suis d’ailleurs content de voir que je n’avais pas tort suite à la petite analyse de situation que je faisais cette semaine à propos de Discovery Channel. Daniel Bilalian a clairement dit que son rôle n’était pas d’informer le grand public sur ces affaires. Ce point, s’il est discutable car France Television se targue à tout bout de champ d’être un réseau de chaînes publiques (et pour moi, qui dit public, dit transparence, propreté, honnêteté, devoir d’information,etc...), je lui concède que les annonceurs sur le Tour sont les mêmes qui viennent remplir les cases publicitaires qui entourent l’événement et qu’il faut éviter de s’étaler sur le sujet pour ne pas les froisser. On ne sait jamais. Mais cette chère Florence l’a quand même un petit peu poussé et n’est pas restée consensuelle. "Consensuel" justement, c’est ce que semblait être Daniel Bilalian, au goût de la journaliste. Quand elle lui dit "vous ne semblez pas indigné", le chef des sports répond, après avoir soufflé par lassitude "je me méfie des grands principes" et "réglons les grands problèmes". Dans le contexte, pour Monsieur Bilalian, le dopage n’’est pas un grand problème, et les grands principes manichéens qui consistent à dire que le dopage c’est pas beau et le sport propre c’est mieux, ne le regardent pas.

Je voudrais juste vous rappeler, Monsieur Bilalian que lutter contre le dopage n’est pas un grand principe dont il faut se méfier. C’est est une vraie gangrène dans le sport et être dubitatif c’est déjà être complice. Tiens, "complice", encore un mot prononcé par Florence Dauchez à propos de son interlocuteur.

Il est décidément navrant de voir que la famille du cyclisme professionnel dont D. Bilalian fait partie puisqu’il a été approché par ASO, l’organisateur du Tour, essaie contrevents et marées qu’on nous aurait menti.

Votre rôle, M.Bilalian, est de nous informer. Mais peut-être que votre conception du journalisme ne vous conduit pas jusque là.

Un petit carton jaune au passage à l’émission qui ne parle pas de Discovery qui se retire de la compétition alors qu’elle parle d’annonceurs qui pourraient se désengager. Ça aussi, c’est un manque d’information.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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