14 février 2007

Discovery Channel renonce au cyclisme pour cause de dopage
La direction de Discovery Channel a opté pour une explication consensuelle de son retrait de la compétition cycliste professionnelle. Ne voulant pas pointer le dopage du doigt, elle dit se reconcentrer sur ses objectifs économiques premiers. L’équipe de Johan Bruyneel, sponsorisée par la société de télévision câblée américaine, auparavant liée pendant huit ans à l’US Postal, dans laquelle Armstrong s’est longuement illustré, devra trouver un autre support à hauteur de 15 millions de dollars par an.
On disait jusqu’ici que le dopage n’avait pas de conséquences économiques sur les marques tant le Tour, notamment, et le cyclisme en général, bénéficiait d’une cote d’amour populaire quasi incomparable. J’avais moi-même écrit un billet sur le Tour et sa santé économique formidable. Le dopage, assimilé à une erreur sportive avant de toucher directement une marque pouvait préserver celle-ci d’un effet négatif sur son image et par là même sauver des équipes sportives.
Ceci était peut-être vrai jusqu’à maintenant mais les vents ont continué à souffler la disgrâce sur un sport déjà très exposé depuis 1998.
Armstrong est passé par là et s’est vu accusé de dopage, quoi qu’il en dise, Landis s’est fourvoyé comme un débutant et l’affaire Puerto a fini de faire sombrer le navire. Les plus grands noms du cyclisme, en tout cas certains, se sont vus interdits de course pour ces pratiques illicites. La position de l’UCI n’arrangeant rien, ni celle des organisateurs des plus grands tours d’ailleurs, les marques ne pouvaient continuellement apporter des sommes astronomiques au risque de se voir également montrées du doigt. La fuite en avant est alors peut-être le meilleure solution. Sauvons les meubles avant que la maison ne brûle, semble vouloir dire Discovery Channel.
Le dopage étant, je le répète, considéré, uniquement comme un problème sportif, il ne pouvait être réglé. La politique de l’autruche n’était qu’une solution aléatoire, non assumée. Et advienne que pourra. Surmédiatisé dans le cyclisme, le phénomène n’a pas vu les instances prendre de réelles mesures, sinon celles bien pensantes pour rassurer les lecteurs de journaux. Les dérives soulignées, comme celles d’une toute autre nature dans le football, conduisent irrémédiablement vers la mise en lumière des problèmes sportifs et économiques qui en découlent. Pour prendre exemple sur d’autres sports, le football n’a pas su, pas voulu, régler ses multiples problèmes. Le cyclisme non plus. Le cas peut se révéler exact aussi dans l’athlétisme, excepté le fait que les sommes investies sont bien moins importantes.
Les sponsors sont parfois des têtes brulées et ont une stratégie agressive, pensant que leur image ne souffrira pas de problèmes liés à l’équipe ou au sportif parrainné. Je crois que la situation change, doucement, et que les sponsors misent de plus en plus sur des valeurs sûres et durables. Durable, la condition sine qua non d’un bon sponsoring.
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