27 février 2007
C'est officiel, Jan Ullrich a choisi de mettre un terme à sa carrière. Aujourd'hui âgé de 33 ans, le vainqueur du Tour de France 1997 a annoncé sa décision, lundi, à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Hambourg. Le coureur allemand, qui n'avait plus de formation depuis son licenciement par la T-Mobile, en juillet dernier, doit comparaître cet été devant la justice pour son implication présumée dans le réseau de dopage du docteur Fuentes. Mais d'ici là, Ullrich n'en a pas pour autant fini avec le cyclisme...
Yannick Sagorin
Jan Ullrich, sans vélo depuis le mois de juin, arrête les frais.Jan Ullrich, sans vélo depuis le mois de juin, arrête les frais.
"Je mets fin aujourd'hui à mon activité de cycliste professionnel." C'est le plus sobrement du monde que Jan Ullrich a annoncé lundi, lors d'une conférence de presse tenue à l'Hotel Intercontinental an der Alster de Hambourg, qu'il arrêtait les frais. La rumeur, il est vrai, avait quelque peu gâché le suspense lié à la convocation surprise des médias par le coureur allemand. En prétextant l'annonce de "nouvelles réjouissantes concernant la suite de sa carrière professionnelle" pour appâter la presse, le lauréat de la Grande Boucle 2007 n'avait dupé personne.
Et bien que devenue au fil du temps secret de polichinelle, la décision brutale de Jan Ullrich n'a pas manqué d'engendrer un souffle d'amertume parmi les inconditionnels soutiens de l'icône germanique. "Au début, toute cette affaire était pénible, maintenant elle n'est plus que triste. C'est une descente aux enfers à laquelle nous assistons aujourd'hui", ne s'est ainsi pas privée de commenter Sylvia Schenk, l'ancienne présidente de la Fédération allemande de cyclisme.
"Je n'ai jamais triché de toute ma carrière"
Seulement, ébranlé et discrédité comme aucun de ses anciens rivaux (*) par l'explosion de la sordide affaire Puerto, Jan Ullrich ne pouvait raisonnablement plus prétendre à combattre des moulins. Une à une, les portes du cyclisme professionnel s'étaient fermées devant lui, à commencer par celles de la T-Mobile, sa formation fétiche, qui n'avait pas hésité à bannir le certifié coupable de ses rangs en juin dernier, aux premiers avis de tempête.
"J'ai été condamné avant d'être jugé mais je n'ai jamais triché de toute ma carrière", s'est encore défendu le natif de Rostock, ce lundi, durant la conférence de presse. Et celui-ci de durcir le ton à l'égard de ses détracteurs, et notamment à l'encontre de Rudolf Scharping, ancien ministre de la Défense devenu président de la Fédération allemande de cyclisme: "Des hommes comme lui ne font pas de bien au vélo. On me présente aujourd'hui comme un criminel alors que je n'ai jamais rien fait de mal."
Volksbank en attendant le procès
Si Jan Ullrich reconnaît que la page de sa carrière sportive sera difficile à tourner - sa vie s'étant "écroulée" après son expulsion du Tour de France 2006 - celui qui fut également vainqueur de la Vuelta en 1999 et champion olympique en 2000, à Sydney, compte désormais sur sa reconversion pour repartir de l'avant: "Je vais rester impliqué dans le cyclisme en tant que conseiller de l'équipe Volksbank. Je ne peux pas vivre sans. C'est ma passion, c'est ma vie."
Reste que l'ancienne gloire du sport allemand demeure dans le collimateur de la justice. Soumis à une enquête depuis dix mois pour ses relations présumées avec le sulfureux docteur espagnol Eufemiano Fuentes - cerveau d'un réseau de dopage sanguin débusqué au printemps dernier de l'autre côté des Pyrénées - Jan Ullrich comparaîtra cet été devant le parquet de Bonn pour escroquerie, l'Allemagne ne bénéficiant pas d'une législation antidopage. La retraite dorée n'est manifestement pas d'actualité.
(*) Egalement cité dans l'affaire Puerto et privé de Tour de France, l'Italien Ivan Basso est en passe de relancer sa carrière chez Discovery Channel alors que l'Américain Floyd Landis, convaincu de dopage à l'issue de son sacre sur les Champs-Elysées, pourrait voir prochainement les poursuites à son encontre suspendues en raison d'un vice de forme dans l'analyse de ses échantillons.
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