8 février 2007
L’Agence française antidopage examine aujourd’hui le cas Floyd Landis toujours considéré comme le vainqueur du Tour de France 2006.
Lionel Venturini
Le coureur américain au « taux de testostérone naturellement élevé » ne viendra pas aujourd’hui à Paris pour être entendu par l’Agence française antidopage. Floyd Landis, vainqueur putatif du Tour de France 2006, n’a pas grand-chose à craindre d’une éventuelle décision de l’AFLD, dont le seul pouvoir est, au maximum, de l’interdire de compétition durant deux ans sur le territoire français. Seule la Fédération américaine et l’Union cycliste internationale ont le pouvoir de le suspendre et, dans le cas de l’UCI, de le priver de son titre de vainqueur du Tour de France.
N’empêche, l’Agence de lutte contre le dopage, pressée de toutes parts de suspendre sa procédure en attendant celle de son homologue nord-américaine, maintient son droit de sanctionner ou pas le coureur américain.
Les pressions n’ont pas manqué
Les amicales pressions n’ont pas manqué, entre les avocats de Landis, pour qui « il est vraiment dans l’intérêt de Floyd de ne pas devoir se défendre simultanément dans deux pays différents ». Jusqu’au ministre français des sports, qui, coiffant sa casquette de vice-président de l’Agence mondiale antidopage, juge qu’il est « plus sage d’attendre l’audition de Landis par l’USADA (l’agence antidopage américaine). Ce n’est pas un conseil, c’est un avis. Il est plus productif de se concentrer sur l’audition américaine plutôt que de maintenir une convocation en France où le principal intéressé ne viendra pas ». Un « avis » dont s’est aussitôt saisi Michael Henson, le porte-parole de Landis : « Nous apprécions sa contribution. » En l’occurrence, Jean-François Lamour n’a fait que se ranger à l’avis de l’AMA. Son président, Richard Pound, avait évoqué un problème de « prééminence ». « Selon le code mondial antidopage, c’est l’USADA qui doit se prononcer, ensuite la Fédération internationale (UCI), puis éventuellement l’AMA ou plus précisément le tribunal arbitral du sport (TAS) ».
L’AFLD avait rétorqué que, seul son collège étant souverain pour interrompre la procédure, une décision serait prise aujourd’hui par les neuf membres du collège. Et renvoie à la responsabilité de l’USADA pour les lenteurs de procédure : Landis ne devrait être entendu aux États-Unis qu’en mars. La décision sera influencée par les éléments de défense présentés, mais en l’occurrence, « le contrôle de l’échantillon B (également positif à la testostérone) a été réalisé en présence de trois experts dont un mandaté par Floyd Landis », avait précédemment rétorqué Pierre Bordry, le président de l’AFLD, suggérant que l’argument ne sera pas recevable.
En arrière-plan du dossier juridique, il y a la gêne de membres du collège à l’idée de voir la saison cycliste débuter avec le « risque de voir Landis courir en France, et a fortiori le Tour de France », bien que l’intéressé ait déclaré avoir « pratiquement fait une croix » sur sa saison.
Une situation « insupportable »
Sans doute faudra-t-il encore patienter des semaines, voire des mois, pour connaître de façon définitive l’identité du vainqueur de la dernière Grande Boucle. Probablement pas avant le départ du Tour 2007. Une situation « insupportable » aux yeux du directeur de l’épreuve, Christian Prudhomme. Comme début de saison cycliste, on pouvait effectivement envisager mieux.
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