27 février 2007

Jan Ullrich mis au recyclage

L’ancien vainqueur du Tour de France a mis un terme hier à sa carrière. Cité dans l’affaire Puerto, son nom était devenu synonyme de dopage. Il restera dans le vélo.

Charlotte Noblet

Hambourg, Hôtel Inter Continental hier matin à 11 heures : pas un fan n’est venu aux devants de « Ulle » dans ce quartier cossu de Hambourg, tout au nord de l’Allemagne. Beaucoup spéculaient sur des adieux riches en émotion pour Jan Ullrich, le seul vainqueur allemand du Tour de France (1997), ce fut bien le cas. « Je ne suis pas l’homme de 110 kilos qui va demain sauter d’un pont, comme je peux le lire dans les journaux », avance d’emblée l’ancien maillot jaune du Tour. Il enchaîne : « Vous avez devant vous un homme heureux et en bonne santé. »

Des moments difficiles
Avant d’annoncer à la presse internationale ses « plans de carrière » tant attendus, la star du cyclisme allemand est longuement revenue sur ses « moments difficiles ». C’est surtout sur ses « souffrances de sportif » que l’ancien leader de l’équipe

T-Mobile insista : « Je suis vraiment déçu des fédérations sportives qui sanctionnent des coureurs et les empêchent de courir avant même de savoir s’ils sont impliqués dans des affaires de dopage. »

Largement cité dans l’affaire Puerto (lire ci-dessous) mais toujours présumé innocent, Ullrich a eu beau jeu de jouer les victimes : « Pas étonnant dans cette ambiance de perdre des procès et d’avoir des difficultés à trouver une licence professionnelle. »

Les yeux rivés sur son communiqué, l’ancien leader de l’équipe T-Mobile explique que s’il a longtemps refusé la comparaison de son ADN avec les poches de sang saisies par la police espagnole, c’était surtout par « manque de confiance ». Selon Ullrich, les dirigeants du cyclisme sont trop « faibles » pour veiller au respect des droits des sportifs.

Suit un long silence... Et puis, Jan Ullrich ajoute qu’il n’a rien à se reprocher, même si on le traite comme « un grand criminel » et que toute sa famille en pâtit. Et de se tourner vers sa femme : « N’est-ce pas mon trésor ? »

Après ce doux moment, vient l’heure du règlement de comptes. Ullrich s’en prend au patron du cyclisme d’outre-Rhin, Rudolf Scharping : « Il était ministre de la Défense, le voilà qui préside la fédération cycliste allemande et qu’il est maintenant membre du conseil de l’Union cycliste internationale. Mais, sans aucune passion pour le vélo ! Cela n’a rien de bon pour le cyclisme allemand ! »

Aux ingrats et aux oublieux, il rappelle sa gloire passée : « N’oublions pas qu’en 1997, je fus le premier Allemand à avoir remporté le Tour de France ! »

Voilà pour l’essentiel. Pour Ullrich, le reste est accessoire : la plainte pour escroquerie instruite par le parquet de Bonn contre lui, d’abord, la procédure disciplinaire annoncée par la commission suisse de lutte contre le dopage à son encontre, enfin.

Non, Ullrich n’est pas là pour ça. Alors, il passe à la « bonne nouvelle » du jour : oui, il ne courra plus. « Je mets aujourd’hui officiellement fin à ma carrière active. » Non, il ne quitte pas le vélo. À 33 ans, il restera engagé dans le cyclisme auprès de l’équipe autrichienne Volksbank Professional Cycling. Pour prêcher le bon exemple ?

C’est ce qu’il promet : « Je m’occuperai entre autres du travail avec les jeunes. Depuis la fin de la RDA, c’est un aspect complètement négligé, or c’est ce qui m’avait donné ma chance. »

Voilà, c’est fini. Comme annoncé, Ullrich refuse toute question. Il donne rendez-vous à ses fans lors d’une fête encore à organiser. Triste fin.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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