27 février 2007

Ullrich contraint à battre en retraite

L'opération Puerto , dans laquelle il est impliqué, a eu raison de la carrière de l'Allemand, vainqueur du Tour 1997

Eric de Falleur

À défaut (très loin de là, même) d'avoir livré toutes ses vérités, l'opération Puerto aura donc fait une victime de poids (sans jeu de mots) puisque Jan Ullrich, 33 ans et qui a toujours nié toute implication dans cette affaire, a annoncé hier la fin de sa carrière sportive. L'Allemand, qui fut en pourparlers, depuis la veille du dernier Tour de Fran- ce dont il avait été écarté par ses employeurs de la T-Mobile, avec plusieurs équipes (sept, dit-il, dont Tinkoff, Acqua e Sapone, Barloworld, Discovery et même Quick Step), a préféré jeter le gant, vaincu par ce qu'il a décrit hier comme une "chasse à l'homme".

Car autant l'enfant de Rostock, en ex-Allemagne de l'Est où il a vécu avec sa maman après que son père les eut abandonnés, avait été adulé par la presse et la population allemandes dès qu'il commença à s'illustrer au Tour de France (une situation qui énervait au plus haut point les autres coureurs allemands, dont Erik Zabel par exemple,) autant, outre-Rhin, plus personne ne chercha à pardonner quoi que ce soit au seul vainqueur allemand du Tour une fois que son implication dans l'opération Puerto eut été révélée, l'été dernier. Jan Ullrich a, depuis lors et hier encore, toujours nié le moindre contact avec le docteur Fuentes.

"Je n'ai rien à me reprocher, je n'ai jamais rencontré ce docteur", a-t-il répété depuis que son nom a été cité dans cette affaire, jouant peut-être sur les mots puisque les contacts avec Fuentes sembleraient avoir été entretenus par Rudy Pevenage, le mentor flandrien de toujours du champion olympique de Sydney. Une à une, et alors que la justice allemande qui le poursuit pour "escroquerie" (il est le seul coureur dans ce cas) n'en a pas encore fini avec lui, les portes se sont fermées devant Der Jan et celui-ci a fini par comprendre qu'il ne reviendrait pas dans les pelotons. Pas dans les meilleures conditions en tout cas, alors qu'il s'entraînait encore à Majorque il y a peu avec ses amis Kessler et Klöden.

Ullrich, qui va désormais s'occuper des... jeunes dans la modeste équipe Volksbank, restera comme un des plus jeunes vainqueurs du Tour (23 ans), l'une des plus belles promesses, un des plus gros talents mais aussi un des plus gros gâchis car l'Allemand, tellement inconsistant, tellement peu professionnel, aurait pu, aurait dû obtenir un plus beau palmarès encore que celui qui est le sien (voir plus bas). Deuxième de son premier Tour, en 1996, année où, dit-on, ses dirigeants durent le freiner lors du dernier chrono pour qu'il ne fasse pas exploser son équipier Bjarne Riis à qui le maillot jaune était promis, Ullrich gagna la Grande Boucle l'année suivante mais il ne put plus jamais rééditer cet exploit. Jan Ullrich a, en effet, terminé cinq fois, une de moins que Joop Zoetemelk, deuxième du Tour, où on ne le reverra plus...


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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