
Un athlète prometteur et un étudiant modèle
Élisabeth Fleury
Alexandre Morin est décrit par ses proches comme un athlète prometteur et un étudiant modèle.
« C’est un cycliste très sérieux, un exemple pour les autres coureurs », a commenté hier son entraîneur, Jean-Yves Labonté. Alexandre Morin, qui a commencé la compétition cycliste à l’âge de 13 ans avec le club Sainte-Foy, a joint les rangs d’Élicycle–Sports Experts l’an dernier.
« C’est un cycliste prometteur, capable de gravir rapidement les échelons. Dans ce sens-là, il me fait un peu penser à David Veilleux (champion canadien de 19 ans originaire de Cap-Rouge) », a dit M. Labonté, qui a vu Alexandre Morin pour la dernière fois vendredi dernier. « Il me disait qu’il voulait des souliers flambant neufs pour aller s’entraîner en Europe, le 22 février... », se souvient-il.
À l’instar de Louis Garneau, dont le fils est le meilleur ami d’Alexandre Morin, M. Labonté a participé aux recherches pour retrouver le jeune athlète au cours de la journée d’hier, mais aussi durant la nuit, en pleine tempête.
Plus de détails dans la version papier du journal Le Soleil de vendredi
16 février 2007

Une journée à remuer ciel et neige...
Élisabeth Fleury
Le père d’Alexandre Morin, ce jeune cycliste de Sillery disparu pendant la tempête, mercredi, a peu d’espoir de retrouver son fils vivant.
« J’ai peur qu’il ait été frappé et qu’il soit enseveli sous la neige », disait Jean-Pierre Morin, la voix étranglée par l’émotion, au cours d’un entretien avec Le Soleil, hier matin. En début de soirée, M. Morin avait perdu à peu près tout espoir de retrouver Alexandre vivant. « Ça fait 26 heures qu’il est dehors. Je ne vois pas comment il pourrait être encore en vie. C’est beau de croire aux miracles, mais là… »
Si la police de Québec n’exclut aucune hypothèse, y compris celle de la fugue, Jean-Pierre Morin refuse de croire que la disparition mystérieuse de son fils soit volontaire. « Il est très heureux dans la vie. C’est un cycliste très consciencieux et très motivé, qui avait hâte de partir à Nice le 22 février pour son entraînement de deux semaines. »
M. Morin a indiqué que son fils avait été diagnostiqué épileptique, mais il a peine à croire que sa maladie ait quelque chose à voir avec sa disparition. « Il n’a jamais fait de crise. Il était asymptomatique », a-t-il précisé.
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16 février 2007

Le coeur sur la main
Pierre-André Normandin
La langue pendante, le souffle haletant, Billy sautait hier d’un banc de neige à l’autre à la recherche du jeune Alexandre Morin, disparu la veille dans la tempête ayant balayé Québec. Tandis que près de 300 personnes sondaient du bout de leurs bâtons le manteau blanc couvrant Sillery, le chien-policier voyait ses pistes se brouiller.
À tout instant, l’animal fourrait son museau sous la neige à la recherche d’indices. Rue Réal-Angers à Sillery, la bête ne savait plus où donner de la tête. En plein cœur d’un quartier résidentiel, les traces olfactives se multipliaient, surtout après le récent passage de trois jeunes, eux aussi à la recherche d’Alexandre Morin. Sans compter les difficultés posées par le vent et l’abondante neige.
Formés autant au contrôle de foule qu’à la recherche d’individus, les chiens-policiers sont excités par toute présence humaine. Billy devait donc être retenu par une laisse afin d’éviter qu’il ne suive inutilement la piste des nombreuses personnes parties à la recherche du disparu. Inutile donc de lui faire renifler un bout de vêtement devant la quantité de pistes olfactives.
Surpris par le nombre de sauveteurs improvisés dans les rues de Sillery, les policiers leur ont demandé de cesser leurs recherches afin de ne pas nuire à leurs efforts. « Bien sûr, la population peut nous aider en faisant des recherches sur leur terrain immédiat. Par contre, pour les groupes de bénévoles qui voudraient nous aider, on est déjà bien équipés. Si les gens viennent nous aider en plus, ça peut être difficile de coordonner les recherches », a averti un porte-parole de la police de Québec, Jean-François Roy.
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