21 janvier 2007

On lui a un jour volé son rêve...
Mario Goupil
Henri-Paul Brault n'a aucun regret et ne nourrit aucune rancune même si, à 74 ans, il a le sentiment qu'on lui a un jour volé son rêve.
L'homme est aujourd'hui considéré, à juste titre, comme le père du patinage de vitesse à Sherbrooke. Et les raisons ne manquent pas. Après tout, c'est lui qui a initié, il y a maintenant 35 ans, la fondation du réputé Club de patinage de vitesse de Sherbrooke.
Il en fut aussi le premier entraîneur et le tout premier président. Autre élément non négligeable: c'est également lui qui fut le tout premier entraîneur de Sylvie Daigle, légende vivante de cette discipline sportive.
Ce que peu de gens savent cependant à propos d'Henri-Paul Brault, c'est qu'il fut lui-même un grand athlète et qu'il s'est même qualifié en cyclisme pour les Jeux olympiques d'été de Melbourne, Australie, en 1956.
Dans sa préparation en vue des essais olympiques dans l'épreuve de cyclisme sur route, Henri-Paul Brault, accompagné de son copain André Dupuis, s'était même offert une chevauchée d'entraînement en vélo jusqu'en Floride. Une randonnée de 4200 milles (6720 km) qui avait duré 52 jours.
"Nous étions partis du Québec avec 100 $ dans nos poches et on avait même fait le tour de la Floride", rappelle le Sherbrookois.
Aux essais olympiques, le cycliste de 23 ans déjoue alors les prévisions de tous les observateurs, y compris celles des dirigeants de l'équipe canadienne de cyclisme, en remportant l'épreuve sur route de façon très nette, avec une avance de 8,5 milles (13,6 km) sur son plus proche poursuivant.
"Finalement, ils ont décidé de choisir un p'tit gars de Toronto pour représenter le Canada à ma place dans l'épreuve sur route. Or, comme le budget permettait d'envoyer seulement un cycliste sur route, un sur piste et un entraîneur, je ne suis pas allé aux Jeux olympiques", raconte Henri-Paul Brault.
Quelle déception ce fut pour lui. On peut le comprendre. Il n'a jamais su pourquoi on l'avait écarté de cette façon. "Je me suis fait voler", dit-il.
Le jeune cycliste a bien tenté de plaider sa cause, pensant même aller frapper à la porte de son député, mais c'aurait été peine perdue, croit-il. "Peut-être que si mon père avait été riche..."
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