19 janvier 2007
Le tribunal correctionnel de Nanterre a prononcé vendredi des peines de principe dans l'affaire de dopage au sein de l'équipe cycliste Cofidis.
La plus lourde sanction a été infligée à l'ancien soigneur de l'équipe, Bogdan Madejak, Français d'origine polonaise, qui a écopé d'une peine d'un an de prison dont neuf mois avec sursis.
Pour sept autres prévenus, dont plusieurs coureurs, les peines prononcées, allant de trois à six mois d'emprisonnement, sont toutes assorties du sursis.
En revanche, le tribunal a débouté la société Cofidis, qui s'était constituée partie civile, de toutes ses demandes, estimant que l'équipe était au courant des pratiques de dopage qui régnaient en son sein.
Ce jugement intervient au lendemain des révélations concernant l'Espagnol Oscar Pereiro qui a été contrôlé positif au salbutamol lors du Tour de France en 2006.
Madejak a déjà purgé sa peine d'incarcération sous forme de détention préventive.
Les coureurs polonais Daniel Majewski et Marek Rutiewicz, ainsi que les Français Philippe Gaumont et Robert Sassone sont tous les quatre condamnés à six mois avec sursis.
Le coureur Medéric Clain et l'entraîneur russe Oleg Kozlitine sont eux condamnés à trois mois avec sursis.
Le pharmacien parisien, Pierre Benyamin, seul prévenu présent à l'audience, se voit infliger six mois avec sursis ainsi que 3 000 euros d'amende au titre de dommages et intérêts.
Cofidis débouté
En revanche, le tribunal a décidé de prononcer la relaxe pour le Britannique David Millar et l'Italien Massimiliano Lelli.
La présidente Ghislaine Polge a invoqué le fait que les faits qui leur étaient reprochés avaient été commis en dehors du territoire français et que les deux accusés étaient de nationalité étrangère.
Le tribunal a, en revanche, débouté Cofidis de ses demandes en estimant que l'équipe n'avait pas pu ignorer les pratiques qui régissaient la vie des coureurs.
La présidente a insisté sur le fait que "les règles régissant la préparation aux compétitions de haut niveau, mais également les incitations financières et la recherche de la gloire pouvaient inciter les coureurs à modifier leur préparation."
"Cofidis, par son implication dans le milieu du cyclisme professionnel, sa connaissance avérée du dopage et l'absence de mesures significatives prises pour l'enrayer, ne pouvait ignorer le phénomène notoire du dopage, ni son ampleur, d'autant que des personnalités du monde médical et sportif avaient de longue date stigmatisé ces pratiques connues de tous."
L'avocat de la société de crédit par téléphone n'a pas précisé si celle-ci entendait faire appel du jugement.
En revanche, à la sortie de l'audience, les avocats des prévenus ont exprimé leur satisfaction car ils redoutaient que le rôle de victime choisi par Cofidis ne soit entérinée par le tribunal.
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