21 janvier 2007

Vélo virtuel

La montée de Courchevel entre amis après le travail, cela vous tente ? C'est désormais chose possible pour les cyclistes, professionnels et amateurs, de la région de Montréal. L'Académie cycliste du Québec a ouvert, il y a bientôt trois mois, la plus grande salle de vélo virtuel au Québec, dans les locaux de SaniSport à Brossard : 1600 pieds carrés, 16 systèmes informatiques et plus de 200 parcours réels et virtuels.
Côté installation, l'entraîneur cycliste John Malois, et l'entraîneur en conditionnement physique Alain Daignault - tous deux de niveau 4 -, n'ont pas lésiné sur les moyens. « C'est un investissement majeur », dit M. Malois.
Cet ancien olympien - il a participé aux Jeux de Barcelone en 1992 - avait l'idée qui lui trottait en tête depuis quelques années. « On s'est aperçu qu'il y a une grande effervescence autour du vélo de route depuis quelques années. C'est facile, accessible à tous et c'est l'idéal pour le cardio et la perte de poids. Pourquoi ne pas offrir un entraînement à notre clientèle en hiver ? »
Le vélo virtuel est à la fois simple et perfectionné. Le vélo du cycliste est installé sur un simulateur de route, qui reproduit la résistance de la pente, suivant le parcours choisi, le poids et l'âge du coureur. Sur l'écran face au cycliste, un décor réel ou virtuel. Colorado, Italie ou France, parcours cyclistes européens, les participants ont l'embarras du choix.
<`b>Près de la réalité
Yann Deville, professeur d'éducation physique et coureur élite, est depuis 35 minutes en pleine ascension du mont Ventoux. À l'écran, défile une vidéo filmée sur la route sinueuse du mont. « C'est ce qui se rapproche le plus de la réalité », souffle-t-il.
Dans le cas des Alpes, entre autres, les cyclistes peuvent voir une vidéo tournée sur le parcours du Tour de France peu avant le passage des coureurs. « Les gens viennent pour les images, c'est la première chose qu'ils regardent », observe John Malois.
Les logiciels proposant les paysages virtuels et balades dans des jeux vidéo permettent aussi de reproduire des parcours enregistrés par les cyclistes sur leur GPS. Utile, si l'on veut préparer un voyage ou s'habituer à un parcours spécifique.
Autre atout des logiciels installés dans la salle de vélo virtuel, des indications précieuses affichées à l'écran la vitesse, les watts et la cadence. « Quand je pédale à l'intérieur, chez moi, je ne sais pas à combien je force. Je peux juste me fier à mes battements cardiaques, dit Yann Deville. Ici, je fais un test au début de la saison et tout l'hiver, je maintiens ma vitesse et ma puissance. »
Autour des machines, c'est, aussi la qualité et la convivialité des entraîneurs qui séduit la clientèle, estime John Malois. « Souvent, les gens font du spinning, et ils ont peur de venir avec des coureurs élite. Ils craignent les mentalités show off, mais ici ce n'est pas le cas. Ils sont stimulés, et on les aide. »
Technique
Pour les cyclotouristes et cyclosportifs, John Malois et Alain Daignault gardent un oeil sur le positionnement du cycliste, sa biomécanique et son équipement. « Après, on fait un test à l'effort pour évaluer la condition physique. On peut proposer aussi un programme d'entraînement adapté à chacun », explique-t-il.
Au-delà des conseils, l'Académie cycliste propose des courses et des cours encadrés par un entraîneur, en groupe. Comment gérer l'intensité ? Passer vos vitesses ? « Le vélo est technique, et on doit savoir quel braquet utiliser. Souvent, les débutants mettent de trop grosses vitesses », constate M. Malois.
Si la salle de vélo virtuel s'adresse à tous, le coût de ce concentré de vélo et de montagne (de 130 $ à 155 $ le bloc de 10 heures) risque en revanche de décourager les moins passionnés. « Les gens pensent qu'en achetant un vélo à 5000 ou 10 000 $, ils vont aller plus vite. Mais c'est avant tout un sport, et comme dans tous les sports, l'entraînement fait la différence. I1 faut peut-être penser à investir à ce niveau-là », dit John Malois.
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