14 janvier 2007
| LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE |

photo : Jocelyn Bernier, Le Soleil
Louis Garneau
De la motivation, de la détermination, Louis Carneau en a à revendre. Depuis ses expériences sportives en cyclisme, qui l'ont fait monter sur de nombreux podiums entre 1972 et 1984, depuis la création (à la fois audacieuse et timide) de Vêtements Louis Garneau inc. en 1983, les réussites se multiplient. On fait état ses exploits dans sa biographie, écrite par Henri Marineau : Ne jamais abandonner.
Anne Richer
Au seuil de la cinquantaine, Louis Garneau incarne un certain idéal l'image même du jeune entrepreneur ambitieux mais réaliste, rigoureux mais sensible, aventureux mais non téméraire. Rien n'est laissé au hasard, sinon l'afflux constant de nouvelles idées, où l'intuition et l'intelligence s'allient pour former une équipe gagnante.
Louis Garneau poursuit sur sa lancée, la roue tourne. Il lui reste beaucoup de choses à explorer dont il souhaite nous faire part.
Pour l'heure, il y a de la réflexion voire de la réorganisation dans l'air, et cette étape importante menée par un leader éclairé s'annonce palpitante. La Presse et Radio-Canada nomment Louis Garneau Personnalité de la semaine pour sa contribution unique à l'économie, pour son engagement social et pour le message de persévérance qui fait de lui un modèle auprès des jeunes qui voudraient suivre ses traces.
Les vieux amis
Les rives du lac Saint-Joseph, comme celles du lac Memphrémagog, sont un haut lieu de millionnaires. Là, un chalet a été transformé, grâce aux dons de Louis Garneau et de ses amis, en centre de jour pour les amis des Petits Frères des pauvres. « La solitude des personnes âgées me touche. La vieillesse est longue, maintenant que l'on soigne beaucoup de maladies. Ça ne doit pas être seulement un temps pour regarder passer le temps. On a mis des marchettes et des fauteuils roulants dans l'eau. Moi aussi, j'ai une maison au bord du lac Saint-Joseph. Ça me rend moins mal à l'aise en partageant. Je veux redonner, car la vie m'a gâté, choyé. »
L'homme a un agenda chargé. Louis Garneau Sports a des points de vente dans 33 pays et de nombreuses usines de sous-traitance dans le monde. Agrandissements d'usines, licences dans de nombreux pays, acquisition de l'entreprise Chlorophylle en 2003, une présence et un engagement là où on le requiert, une présence et un engagement à la maison, dans la famille, pour assurer là aussi la pérennité.
« Mes fils, William et Édouard, font de la course à vélo comme moi. J'ai déjà entrepris de rendre William, qui a 17 ans, complice de l'entreprise. I1 est venu avec moi à Taiwan, j'ai mis au point des produits devant lui. Mon rêve n'est pas seulement de laisser un héritage à ma famille, mais aussi aux Québécois, qui m'ont mis au monde, soutenu et aidé ».
Un guerrier
Vouloir conquérir, réussir, certes, mais pas à n'importe quel prix. Son entreprise est pour lui une source intarissable de créativité; s'il devait la céder demain à des étrangers, il croirait abandonner une forme de patrimoine. « Il faut savoir s'adapter aux nouvelles réalités du marché mondial, reconnaître qu'il y a des choses que le Québec ne pourra plus faire. Mais on doit tabler sur autre chose : les idées, la création, viser la qualité totale, qui doit être un mode de vie. » Il souhaite que l'on retrouve collectivement le souffle de Guy Laliberté, une véritable inspiration, selon lui.
Il joue au hockey le plus souvent possible et reconnaît que sa forme physique n'est plus celle de ses 25 ans. Habitué à la rigueur de l'entraînement, à la discipline des compétitions, Louis Garneau garde encore au fond de lui le réflexe de la bonne santé et sait reconnaître les signes de défaillance ou de fatigue. « Le sport est la meilleure thérapie », assure-t-il. Et c'est aussi un outil de formation. « Je me sers du vélo avec mes enfants pour qu'ils apprennent à se battre, à tomber, à se relever. Ce ne sont pas des vertus ni une culture qui s'apprennent à l'école : se déniaiser, voyager, aiguiser son sens de la stratégie, travailler en équipe, apprendre à se protéger, prendre des risques calculés. »
L'une de ses grandes préoccupations actuelles est l'environnement. « Ses influences sur la santé physique et mentale. J'espère que les hommes politiques vont revoir leur stratégie. On n'a plus le choix, il faut agir. » La famille, le calme : pour Louis Garneau le battant, le guerrier, c'est sur ce terrain qu'il dépose les armes, se ressource et rêve. Il savoure aussi sa fidélité à ses valeurs : « Au moins, j'ai essayé. Je ne dirai pas «j'aurais donc dû». »
Il retrouvera aussi le fil conducteur de sa vie : l'art. « Je voudrais devenir peintre. » C'est par le geste, la couleur, la forme et l'émotion qu'il a toujours cherché à se dépasser.
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