8 janvier 2007Louis Garneau

L'aventure américaine porte fruits
Le fabricant canadien fera bientôt de plus grosses affaires aux États-Unis qu'au Canada
Louis Garneau Sports a finalement le vent dans les voiles aux États-Unis, et la société prévoit que son chiffre d'affaires américain dépassera celui réalisé au Canada, à moyen terme.
Alain Bisson
« La valeur de nos ventes aux États-Unis atteint la moitié de ce que nous récoltons au Canada, et elles sont en progression de 15 % à 20 % par année depuis trois ans. À ce rythme, les États-Unis deviendront notre principal marché d'ici quelques années », a indiqué Louis Garneau, président et fondateur de l'entreprise éponyme, au cours d'un entretien avec le Journal.
M. Garneau avoue cependant que l'incursion de l'entreprise en sol américain, réalisée il y a 18 ans, ne s'est pas faite sans heurts et qu'il a dû y mettre les bouchées doubles.
Le titre de sa biographie publiée l'automne dernier, Ne jamais abandonner, définit bien l'attitude de l'excycliste olympique, mais aussi celle de l'homme d'affaires séduit par l'aventure au sud de la frontière.
« J'ai sous-estimé le marché américain au début. Je pensais arriver là et m'installer comme chez moi. J'avais un objectif de ventes de 1 M$ US pour la première année, mais nous n'avons atteint que 250 000 $ US, de peine et de misère », dit-il.
Une usine au Vermont
Louis Garneau Sports USA est née en 1988 avec la location d'une usine de textile à Newport, au Vermont, à un jet de pierre de la frontière canadienne.
« Le gouvernement canadien venait d'annoncer l'accord sur le libre-échange, qui ferait tomber progressivement les droits douaniers sur 10 ans, et je voulais prendre de l'avance en allant tout de suite aux États-Unis », explique M. Garneau.
Il fait donc paraître une annonce dans le journal local pour recruter des couturières et s'installe à une table d'un café, un samedi matin, pour réaliser les entrevues.
« Il y avait une file d'attente. J'ai finalement engagé une douzaine de personnes, tous des insatisfaits des trois usines qu'il y avait alors à Newport », raconte-t-il.
Des problèmes de production
Au cours des premières années, l'usine a rencontré toutes sortes de problèmes de production et de livraison, dit M. Garneau.
« À un moment donné, j'ai laissé passer deux semaines entre mes visites à l'usine et quand j'y suis retourné, je me suis aperçu que tous les cuissards produits pendant cette période avaient un défaut. On a tout perdu. »
« À d'autres occasions, c'est la livraison qui faisait défaut. Aux États-Unis, si tu ne livres pas à temps, c'est pas long que tu es sorti des magasins », ajoute M. Garneau.
Finalement, les profits - petits - sont venus après cinq ans, mais le vrai boom est arrivé il y a trois ans.
« Nous comprenons mieux le marché américain, nous avons trouvé une niche pour les produits de vélo haut de gamme, notre message et notre positionnement sont clairs et l'équipe constituée à Newport au cours des dernières années fait un travail exceptionnel », résume Louis Garneau.
| Louis Garneau Sports aux États-Unis |
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