29 décembre 2008Rétrospective 2007
Encore une année noire pour la lutte antidopage. Ça en devient banal. Cela dit, en 2007, on a ferré de gros poissons. Voici notre « best of ». Où il apparaît que le cyclisme est toujours largement en tête (désolé, il y a beaucoup d’ex-aequo), mais moins seul.
Jean-Philippe Maillez
Marion Jones. – En pleurs, devant un tribunal de New York, elle a enfin avoué s’être dopée, ce qu’on savait déjà, par ses fréquentations (des soupçons dès 2000). Avec humanisme, on dira qu’elle s’en sort honorablement, payant pour tous ceux qui passent à travers les mailles du filet (encore qu’on ait coincé beaucoup de monde dans l’athlétisme en 2007). Le pire ? On a dépouillé la gentille Marion de ses médailles d’or des JO de Sydney. Pour les donner à des filles sur qui on a plus que des doutes, comme la Grecque Thanou ? Risible…
Rasmussen, Vinokourov, Basso, Landis, Di Luca, Valverde. – Le premier a avoué avoir menti sur son emploi du temps d’avant-Tour, le second a trouvé le salut dans la fuite. Basso, pris dans la nasse de l’affaire Puerto, a pris deux ans, malgré ses aveux. Valverde a bu la tasse. On ne voulait pas de lui aux Mondiaux, ni de Bettini, qui s’en est sorti à temps pour être sacré arc-en-ciel 2007. Et Landis a perdu son procès et, du même coup, définitivement son Tour 2006… qui est allé à l’Espagnol Peirero, positif au salbutamol, mais couvert par une justification thérapeutique, comme Petacchi.
Enfin, le Pro Tour s’est étranglé en virant de son classement son vainqueur, Di Luca, qui a aussi gagné le Giro. Allez, on arrête là !
Ullrich, Zabel, Riis, Jaksche. – Le dopage organisé a eu raison de la T-Mobile. Si Ullrich nie toujours, les autres ont avoué.
Sinkiewitz a même mouillé sa fédération. Le cyclisme allemand vient de couler.
Dr Fuentes, Dr Santuccione. – Ils sont derrière les affaires « Puerto » (Espagne) et « Oil for drugs » (Italie). On ne va pas vous citer tous les coureurs impliqués, il n’y en a plus d’un sur qui on parierait un euro qu’ils sont propres.
Rappelez-vous, en 1998, ces pays-là, mais aussi la Belgique et les Pays-Bas nous faisaient rire quand ils affirmaient que le dopage était une affaire française. Quel déni ! Tous ont eu leurs scandales.
L’AMA perd de son pouvoir. – Dick Pound n’avait pas que des amis, mais sous sa présidence, l’Agence mondiale antidopage est devenue une force respectée. Jean-François Lamour était seul candidat à sa succession. Il a démissionné avant même d’être élu, après que le lobby anglo-saxon eut sorti un autre candidat de son chapeau : un ministre australien, John Fahey, contesté par l’Europe. C’est très politique. Mais la lutte antidopage sera un jour du ressort des états et non plus du mouvement sportif.
Le grand déballage américain. – Longtemps, aux États-Unis, on a fermé les yeux sur le dopage dans les puissantes Fédérations de basket, football, hockey sur glace, base-ball, en se limitant aux stupéfiants. Aucune ne reconnaît le code de l’AMA. Le base-ball a pourtant croulé en 2007 sous les révélations d’anciennes stars (Barry Bonds). L’administration Bush s’intéresse désormais au dopage. Quand notre football à nous luttera-t-il vraiment ?
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