24 décembre 2007

Toujours aussi noir
On pensait avoir touché le fond en 2006, mais la saison 2007, marquée par de nombreux scandales de dopage et un conflit ouvert entre les instances, a montré que le cyclisme était loin d’être guéri.
Pierrick Taisne
Erik Zabel, Bjarne Riis, Rolf Aldag… Et la liste n’est sans doute pas exhaustive. Alors qu’on pensait avoir vécu les pires heures du cyclisme l’année dernière, 2007 est venue nous apporter son nouveau lot de cas de dopage. Ainsi, les cadres de la T-Mobile ont tour à tour avoué avoir eu recours, à un moment à un autre, à des produits dopants. De quoi jeter le trouble sur la politique de la formation allemande et son fer de lance de l’époque Jan Ullrich. Car si le vainqueur du Tour de France 1997 n’a jamais reconnu s’être dopé, de fortes présomptions pèsent sur lui. Le cyclisme allemand n’a d’ailleurs pas survécu à ces scandales outre-Rhin. La Gerolsteiner a annoncé qu’elle arrêterait de sponsoriser le vélo l’année prochaine. Quant à la T-Mobile, elle n’a pas attendu 2008 pour se retirer. Le cas Sinkewitz, suspendu un an pour usage de testostérone, aura été la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il faudra désormais s’habituer à suivre l’équipe de Bob Stapleton sous le nom de High Road.
Le cyclisme allemand n’est pas le seul à nous avoir offert le triste spectacle du dopage. Ainsi, les équipes Astana et Cofidis ont tour à tour été frappées par ce fléau pendant le Tour. Dans des conditions bien distinctes, faut-il néanmoins le rappeler. Ainsi, le Kazakh Alexandre Vinokourov s’est fait prendre à l’homotransfusion, une technique très élaborée, alors que Cristian Moreni s’était appliqué une pommade et avait été contrôlé positif à la testostérone. Eric Boyer, n’avais d’ailleurs pas mâché ses mots dans l’entretien qu’il nous avait accordé : « Je fais tout pour que ça n’arrive pas et aujourd’hui j’ai la preuve que ça marche. Car si Moreni se fout de la pommade sur les c…, c’est qu’il ne peut pas faire mieux. » Et le manager de fustiger le comportement de ses homologues : « La différence entre eux et moi est que depuis des années, j’essaye de lutter et je me fais avoir. Alors qu’eux, ils n’ont jamais essayé de lutter et pendant des années leurs coureurs ont pu prendre de l’hormone de croissance ou de l’EPO. »
L’année dernière, Sport365 s’étonnait de la saison vécue et n’hésitait pas à écrire que « par rapport à l'affaire Festina en 1998 qui touchait essentiellement la France, le scandale Puerto présentait une dimension européenne. L'Allemagne, traumatisée par le cas Ullrich, avait rejoint la France dans le combat antidopage. Le Danemark avait réagi vivement. Et l'Espagne, la plus touchée par l'affaire, découvrait à son tour l'étendue du problème. » Pourtant, un an après, le constat est aussi terrible. Pour preuve le cas Michael Rasmussen, cycliste danois dans une formation néerlandaise. D’un côté, un maillot jaune du Tour qui charge son ancienne équipe, coupable selon lui de ne pas l’avoir soutenu. D’un autre, une formation qui tente de s’éloigner d’un cas encombrant. Dans ce contexte, on en oublierait presque la création du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC). Une association lancée en juillet dernier et regroupant AG2R, Agritubel, Bouygues Télécom, Cofidis, Crédit Agricole, Française des Jeux, Gerolsteiner, Rabobank et T-Mobile. Une goutte d’eau dans l’océan. La première.
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