25 décembre 2007
Au terme d'une annus horribilis rythmée par les affaires de dopage, le cyclisme a tenté de sauver la face et son avenir.
Julien Prétot
À Paris, l'Agence mondiale antidopage et l'Union cycliste internationale ont trouvé un accord pour la création d'un passeport biologique.
Si elle épaissit le nuage de suspicion qui plane dans le ciel des coureurs, la démarche vise à éviter les scandales qui ont encore terni l'image du vélo.
En 2007, un ancien vainqueur du Tour de France a perdu son titre, une figure du peloton a perdu toute crédibilité et un sponsor historique a jeté l'éponge.
Floyd Landis, contrôlé positif à la testostérone pendant sa chevauchée victorieuse de 2006 sur les routes de France, a été suspendu deux ans par l'Agence américaine antidopage (Usada), qui n'a pas retenu les arguments du coureur contre les méthodes du laboratoire de Châtenay-Malabry.
L'ancien coureur de la Phonak, également privé de compétition en France jusqu'en 2009, a tenté un dernier recours devant le Tribunal arbitral du sport (Tas).
Si la ligne d'arrivée du Tour 2006 avait été franchie lorsque le scandale Landis a éclaté, les coureurs de l'édition 2007 n'étaient pas encore arrivés à Paris quand le dopage a rattrapé le peloton.
Le symbole allemand
Sur fond de guerre entre l'UCI et l'organisateur ASO, qui refuse comme les patrons de la Vuelta (Unipublic) et du Giro (RCS) d'être avalé par le système Pro-Tour, le Tour de France a traversé un cauchemar.
Plus que la victoire finale de l'Espagnol Alberto Contador, grimpeur hors pair, le public risque de retenir le contrôle positif d'Alexandre Vinokourov aux transfusions sanguines homologues.
Quelques jours après une vilaine chute, le Kazakh, bien que perdu au général, remportait le contre-la-montre d'Albi puis l'étape de Loudenvielle. Lors de la journée de repos à Pau, Astana confirmait que "Vino" avait été contrôlé positif à Albi.
Le Kazakh était exclu, son équipe quittait le Tour dans la honte. La grande lessive continuait. À la veille la 17e étape, Michael Rasmussen, leader insolent, était licencié de Rabobank pour avoir menti sur ses lieux d'entraînement, quelques jours après son exclusion de l'équipe du Danemark pour les Jeux olympiques.
Le même jour, le contrôle positif à la testostérone de Cristian Moreni entraînait le départ de toute l'équipe Cofidis.
À elle seule, l'Allemagne a symbolisé le rapport du cyclisme au dopage. Erik Zabel, comme le Danois Bjarne Riis, a avoué s'être dopé pendant les années 1990, décennie de l'érythropoïétine. Pendant le Tour, les télévisions allemandes ont boudé l'événement après la révélation du contrôle positif de Patrik Sinkewitz.
LeUn passeport éthique
Aux Mondiaux de Stuttgart, les organisateurs ont tenté, en vain, d'obtenir l'exclusion de Paolo Bettini parce qu'il n'avait pas signé la lettre pour un cyclisme nouveau de l'UCI.
Piqué au vif, l'Italien a répliqué en décrochant son deuxième titre de champion du monde.
Son compatriote Danilo Di Luca a lui été exclu du classement du Pro-Tour par l'UCI alors qu'il en occupait la tête, en raison de ses rapports avec Carlo Santuccione, un médecin suspendu à vie pour avoir fourni des produits dopants à des athlètes.
Ébranlés par tant de chaos, les dirigeants du sport ont décidé de frapper un grand coup. A l'occasion de la Rencontre internationale contre le dopage dans le cyclisme, à Paris, l'UCI et l'Ama ont fait savoir qu'elles allaient créer un passeport biologique pour les coureurs professionnels.
L'UCI envisage de collecter des échantillons sanguins et d'urine afin de constituer une base de données standard pour chaque coureur, l'objectif étant de se servir de ce profil biologique pour le comparer avec les résultats des analyses lors des contrôles antidopage.
Le président d'Amaury Sport Organisation (ASO), Patrice Clerc, a également salué les projets de l'UCI, estimant que la création de passeports biologiques était "un point de départ indispensable".
"Nous sommes ici car notre sport traverse actuellement une crise grave ainsi que l'a révélé le dernier Tour de France. Tous les coureurs qui prendront le départ de la Grande Boucle devront être au dessus de tout soupçon", a précisé l'organisateur du Tour.
T-Mobile, partenaire historique d'un sport en crise, ne sera pas de la fête après le retrait, en fin d'année, de Deutsche Telekom, lassé par les affaires de dopage à répétition.
page mise en ligne par SVP

vélo
ski de fond
plongeon
Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive