27 décembre 2007
Tout au long de l'année, les politiciens se font plus ou moins malmener au gré des vagues qui agitent la société canadienne.
La Presse présente le côté méconnu de l'un d'entre eux.
Sur le site Internet du Bloc québécois, la rubrique consacrée aux accomplissements politiques et communautaires du député d’Abitibi–Témiscamingue, Marc Lemay, donne presque le vertige.
Hugo de Grandpré
Intronisé au Temple de la renommée du cyclisme québécois. Président de la Commission internationale de vélo de montagne. Président de l’Association cycliste canadienne. Membre du conseil d’administration du Comité olympique canadien.
Même le ministre des Sports libéral Denis Coderre, en 2001, a tenu à le féliciter par communiqué de presse, lorsque M. Lemay s’est vu décerner le Mérite de l’Union cycliste internationale (UCI).
C’était avant qu’il se lance en politique, pour la formation souverainiste de Gilles Duceppe, en 2004. Obligations partisanes obligent, il n’est pas certain que M. Coderre répéterait le même geste aujourd’hui.
Marc Lemay, lui, n’en a pas moins gardé sa passion du vélo. « C’est sûr que la politique en est une, dit-il. Mais il faut qu’on ait un exutoire, et ça c’est le mien. »
M. Lemay a commencé par faire de la course, avant de réaliser que sa jeune carrière n’allait nulle part. Il s’est alors découvert un goût pour l’organisation. Peu de temps après, en 1968, il fondait le Tour de l’Abitibi.
Malgré une carrière de criminaliste à l’aide juridique, cette passion d’organisateur ne l’a jamais quitté. Et comme en témoigne son curriculum vitæ, elle l’a emmené dans les plus hautes sphères du cyclisme mondial. « Je suis sans doute l’une des rares personnes à avoir vu à peu près toutes les montagnes de ski au monde – mais l’été », lance-t-il en riant.
Mais sa plus grande réussite, confie Marc Lemay, est d’avoir fait admettre le vélo de montagne comme discipline olympique. Il était alors président de la Commission internationale de vélo de montagne. « Quand on est rentrés aux Jeux olympiques d’Atlanta, j’étais là, et je vous jure que j’ai versé une larme. Et j’étais très fier : il y a très peu de Canadiens qui ont réussi à faire ça. »
Ce sont les défaites simultanées des candidats souverainistes aux niveaux provincial et fédéral dans sa circonscription qui l’ont convaincu de faire le saut en politique. La vie de député occupe alors beaucoup de son temps. À son premier mandat, il devient porte-parole de sa formation en matière de sports.
En marge de ses activités parlementaires, il a poursuivi sa carrière d’organisateur. Il est toujours membre du Comité olympique canadien. Et il est actuellement conseiller pour l’organisation de la Coupe des nations, à Val-d’Or.
Le jour de sa conversation avec La Presse, le 21 décembre, il donnait une conférence de presse pour annoncer officiellement que l’étape de la Coupe des nations junior aurait lieu en Abitibi, à la fin de juillet prochain. « C’est extraordinaire, parce que ça va permettre aux meilleurs athlètes juniors au monde de venir ici en Abitibi », s’est réjoui M. Lemay.
Puis, le député de l’opposition prend le relais de l’organisateur sportif. « Ce que je déplore, et j’en profite pour vous en parler, c’est que le gouvernement fédéral, entre autres, ne pense qu’à l’élite. Il faut qu’on pense à la relève et au développement. Il faut qu’il y ait une petite bourse du budget fédéral à Sports Canada. »
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