26 décembre 2007

Paris-Pékin à vélo, la folle aventure de Serge

Au mois de mars, Serge Battais enfourchera sa bicyclette, direction Pékin et les Jeux olympiques. Au programme, douze pays et 12 000 kilomètres à la force des mollets.

Julien Hippocrate

« Mes proches trouvent ça un peu fou, mais ils ne sont pas surpris. L'aventure, j'aime bien. » Assis confortablement dans son fauteuil, Serge Battais parle d'une voix posée. Son calme apparent contraste sérieusement avec la démesure de son projet.

Aujourd'hui tranquillement installé près de sa cheminée, il s'apprête dans les semaines qui viennent à traverser douze pays en vélo pour un périple de 12 000 km entre Paris et Pékin. Mais le jeune retraité de 58 ans n'est pas inquiet. Loin de se faire du mouron, Serge Battais a même plutôt des fourmis dans les jambes.

« Au départ, je comptais aller au Sénégal. Et puis j'ai découvert ce projet de la Fédération française de cyclotourisme. L'occasion se présentant, je me suis dit : « Pourquoi pas ! » » C'était en juillet 2006...

Un an plus tard, sa candidature était définitivement retenue. Habitué des marathons et du trekking, le cycliste du Thoureil donnera son premier coup de pédale le dimanche 16 mars prochain, sur les Champs-Élysées, pour une arrivée prévue le 3 août à Pékin. Juste à temps pour le début des Jeux Olympiques !

« On va faire entre 80 et 160 km par jour avec un jour de repos par semaine, dit-il sereinement. On dormira dans des écoles, des hôtels, des auberges de jeunesse. Il y aura aussi des bivouacs du côté de la Russie et du Kazakhstan. Là, ce sera l'aventure. » Même pas peur ! « Ce qui m'inquiète un peu, c'est de faire une chute et d'être obligé d'arrêter. Ça peut arriver. » Mais les cols de 3 000 m au bout de l'Himalaya, dans cette douce contrée qu'on appelle le Kirghizistan ? De la rigolade ! « Les dénivelés ne m'inquiètent pas trop. Par contre, les conditions climatiques peuvent être difficiles. On peut avoir de la neige en mars dans la Forêt Noire et de grosses chaleurs en juillet, au Nord de la Chine. »

Comme Serge, ils sont une centaine à partir à la conquête de l'Est. Une grosse caravane très organisée : 21 étrangers, 94 Français, 21 femmes, cinq capitaines de route et douze encadrants dans des véhicules qui suivront l'expédition et assureront la logistique : « Le but, c'est de s'entraider pour qu'on arrive tous. Ce ne sera pas la course. L'avantage du vélo, c'est qu'on peut nouer facilement des contacts. L'intérêt, c'est d'aller découvrir d'autres cultures, d'autres modes de vie. » Quitte à en avoir plein les pattes, autant s'en mettre plein les mirettes. Et le dépaysement est garanti le long du Rhin et du Danube, sur le site de lancement des fusées à Baïkonour ou encore à Xi'An, où figure l'armée enterrée du premier Empereur de Chine ! « Il va falloir prendre des batteries de rechange et beaucoup de mémoire pour l'appareil photo numérique, prévoit déjà Serge, pressé de monter en scelle. Je commence à en rêver la nuit. J'imagine les rencontres que je vais faire. »

Guidés par la flamme olympique qu'ils accompagneront dans les derniers kilomètres, les cyclistes français séjourneront à Pékin pendant deux semaines. Au pays du vélo, Serge et ses camarades lâcheront un temps la bicyclette pour faire un peu de tourisme. Et profiter des JO. La récompense après avoir pédalé pendant cinq mois !


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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