24 décembre 2007
Carlo Ferrari est l'un des deux Calvadosiens à participer au Paris-Pékin à vélo. Départ prévu le 16 mars, pour 13 000 km d'expédition cyclotouriste.
Charles Centofanti
Sur le site Internet officiel, le décompte est lancé : plus que 84 jours avant le départ de l'expédition de la Fédération française de cyclotourisme (FFCT), entre Paris et Pékin. Cette équipée à bicyclette vise d'abord à « promouvoir les valeurs du cyclotourisme, de l'olympisme et de l'éducation par le sport », entre le 16 mars et le 3 août, à cinq jours du début des Jeux Olympiques de Pékin.
Carlo Ferrari, un habitant de Saint-Germain-du-Crioult (Calvados) en préretraite, piaffe d'impatience. Il est l'un des 115 cyclotouristes engagés dans l'aventure. L'un des 94 Français, sélectionnés parmi plusieurs centaines de candidats. « Cyclotourisme ça veut dire tourisme à vélo », rappelle-t-il pour relativiser. « Il n'y a pas de compétition, on part avec un esprit d'entraide, on profite du paysage en prenant le temps de visiter et de rencontrer les gens. » Il insiste : « j'attends surtout une expérience humaine ! »
Sportivement, même s'il explique avoir débuté la discipline « il y a juste quatre ans », l'ancien responsable du club cyclotouriste de Condé-sur-Noireau reconnaît avoir toujours pratiqué une activité sportive. Un Paris Pékin à vélo, ça ne s'improvise pas. Carlo n'en est pas à son premier défi : il y a deux ans, il a bouclé un tour de France de 7 500 km, en 55 jours. Avec tente et nourriture, « sans se presser », dit-il. L'an dernier, le cyclotouriste remet ça et avale 20 000 km. Ce qui le fait courir ? « L'envie de découverte, la volonté de rompre avec la routine ». Il ajoute : « sur le vélo, on n'a pas de soucis, du moins pas les mêmes. »
Son vélo justement n'a pas un gabarit compétitif. Cadre acier, sacoche sur le guidon... Une vingtaine de kilos à supporter jusqu'en Chine. L'organisation prévoit pneus et pédales de rechange, « mais c'est du rustique, il n'y a pas d'hôpitaux partout et on dormira parfois par terre ».
Hormis l'aspect sportif, il existe un projet pédagogique. Carlo est ainsi parrain de l'école de cyclotourisme de Bagnoles de l'Orme et de quatre classes de primaires du département. Les élèves se serviront des pérégrinations de Carlo comme d'un support de travail. Et ils risquent d'en avoir plein les yeux...
Assis dans un fauteuil, il déplie la carte de son itinéraire : un tiers du globe est parcouru d'un trait rouge. Tous les participants traverseront l'Europe de l'Est, l'Ukraine, le sud de la Russie, le Kazakhstan, avec un passage au Kirghizistan avant la dernière ligne droite en Chine. 13 000 kilomètres et douze pays traversés, avec des températures et une altitude très variables. Carlo ne s'en fait pas une montagne : « le plus gros danger c'est la chute, je n'ai pas d'appréhension physique. » L'autre inconnue sera la cohabitation, pendant cinq mois, avec une centaine d'inconnus. « Le mental jouera beaucoup », estime Carlo. Et la séparation, avec Viviane, sa femme depuis 38 ans. Elle fait mine de ne pas s'en soucier : « c'est son truc et puis il s'adapte à tout ! » Mais au fond, elle sera sûrement la première à avoir les yeux rivés sur Internet, pour ne pas perdre une miette de l'aventure.
page mise en ligne par SVP

vélo
ski de fond
plongeon
Consultez
notre ENCYCLOPÉDIE sportive