22 décembre 2007
Philippe Jérôme
Dans quel état sera le Tour de France en 2009 ? Sur le plan de sa crédibilité sportive et de sa popularité, difficile de répondre dès à présent, on y verra plus clair après l’édition 2008 dont les premières étapes se dérouleront, comme un retour aux sources du cyclisme, au pays de Petit-Breton, deux fois vainqueur avant la Grande Guerre.
Sur le plan géographique voire géopolitique, la réponse est Monaco. C’est en effet Jean-Paul Proust, ministre d’État (équivalent du premier ministre) de la principauté et non le maire de la ville de Monaco, qui a signé, avec Christian Prudhomme, le « patron » du Tour, le contrat pour ce qui a été pompeusement baptisé « le Grand Départ » 2009.
Pour quelle somme ? Pas plus du côté du Rocher que chez Amaury Sports on ne communique sur ces questions bassement matérielles. Mais selon un proche du prince Albert II, Monaco aurait déboursé « entre 4 et 5 millions d’euros » pour avoir l’honneur d’organiser la première étape et d’être la ville de départ de la deuxième étape.
Le 4 juillet 2009, il n’y aura en effet pas de prologue puisqu’au cours de cette première journée les coureurs emprunteront un parcours d’une longueur supérieure à 8 kilomètres. Ce sera donc un contre-la-montre individuel de 15 kilomètres, en fait une boucle Monaco-Monaco, avec départ et arrivée devant le Grimaldi Forum dans le quartier du Larvotto et passant dans les communes françaises de Cap-d’Ail, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin sur la corniche surplombant la mer.
Un parcours que connaît bien le résident monégasque Alexandre Vinokourov qui n’était pas invité à la cérémonie solennelle de la signature, contrairement à la gloire de l’époque où le Tour avait fait étape à Monaco, le champion du monde 1964 Jan Janssen.
Le départ de la deuxième étape, le 5 juillet, sera donné depuis le quai du Port-Hercule d’où s’élancent les F1 du Grand Prix automobile. Vers quelle destination ? « Pas vers le sud », nous confiait Christian Prudhomme, ce qui sous entend qu’il n’y aura pas d’étape en Corse cette année-là. Alors vers la montagneuse frontière franco-italienne où carrément vers les Alpes ? « Ce départ dans le Sud-Est, qui sera la deuxième de toute l’histoire du Tour, permet toutes les audaces », s’enflammait Christian Prudhomme, tout en vantant « le prestige, la situation géographique et la politique sportive » du confetti monégasque dont le prince est un membre du CIO, tandis que Marc Madiot, plus lapidairement, soulignait que « ça sera un départ fait pour les costauds ».
Les dirigeants de « l’entreprise » Monaco, eux, ont déjà l’oeil rivé sur le tiroir-caisse et rêvent de retombées économiques égales à celles enregistrées par la ville départ 2007, Londres : plus de 160 millions d’euros !
Plus généralement la principauté tente depuis quelques années d’attirer à elle un tourisme plus populaire et, comme nous le disait un officiel, « le Tour, retransmis dans plus de 180 pays, sera l’occasion pour des millions de gens de changer le regard qu’ils ont sur la principauté ». En résumé Monaco du Tour colle à la roue pour montrer qu’elle n’est plus la capitale de la roulette.
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