14 décembre 2007
Forts de l’appui manifesté par 130 entreprises de la Beauce, les promoteurs du projet de piste cyclable dans Robert-Cliche en appellent à la solidarité beauceronne pour obtenir des appuis à leur projet d’un démantèlement de la voie ferrée pour la remplacer par une piste cyclable dans Robert-Cliche.
Jacques Légaré
« Nous on donne nos appuis à Ville Saint-Georges et Ville Sainte-Marie quand c’est le temps. (...) L’esprit solidaire c’est important et les Beaucerons on doit se tenir», déclarait le maire de Saint-Joseph Michel Cliche, en conférence de presse lundi dernier.
CRÉ
On sait que le projet de Robert-Cliche ne fait pas l’unanimité, la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Chaudière-Appalaches favorisant une piste sur l’emprise (à côté) de la voie ferrée, et demandant un moratoire sur le démantèlement du rail, jusqu’à ce qu’une étude détermine si le projet de maintenir la voie ferrée est viable ou non. Dans le cas où c’est effectivement une piste à côté de la voie ferrée qui serait construite, la CRÉ demande à la ministre de défrayer tous les coûts supplémentaires par rapport à un aménagement de la piste sur la voie ferrée.
Une résolution en ce sens a été adoptée la semaine dernière par la CRÉ, proposée par le maire de Saint-Georges Roger Carette.
Quelques minutes auparavant, une proposition de Michel Cliche (démanteler et faire la piste à la place de la voie ferrée) avait été battue. Selon M. Cliche, seuls lui et le maire de Saint-Odilon André Labbé se sont prononcés en faveur, ce que confirmait le projet de procès-verbal écrit par le directeur général de la CRÉ, Laurent Lampron.
Le maire de Beauceville, Jean-Guy Bolduc, dont le conseil s’est prononcé en faveur de ce projet, soutenait quant à lui qu’il a voté dans le même sens que ses confrères de Robert-Cliche. Il explique que de la façon dont il était placé, M. Lampron pouvait difficilement le voir. Le maire a communiqué avec ce dernier pour faire modifier le projet de procès-verbal, qui doit être adopté lors de la prochaine assemblée.
Michel Cliche n’a pas caché sa déception face aux positions prises par le maire de Saint-Georges, que nous avons contacté pour obtenir ses réactions. Ce dernier a rappelé qu’ il souhaite de tout coeur la réalisation de la Route verte dans Robert-Cliche, mais se dit aussi sensible à la position des MRC de l’Est de la région, qui voient comme «une question de survie» le maintien de la voie ferrée. Dans ce contexte, la position prise par la CRÉ lui semble un compromis acceptable.
Déjà essayé
Le directeur général de la CRÉ Laurent Lampron nous a par ailleurs indiqué qu’il ne pouvait présumer de l’étude de faisabilité, mais que dépendant des résultats de cette étude, l’organisme pourrait revoir sa position.
Quant à Daniel Chaîné, du CLD de Robert-Cliche, la remise en fonction de la voie ferrée a déjà été essayée sans succès par Jean-Marc Giguère. « Il y en avait eu aussi des études à ce moment-là et ce qu’elles avaient prédit ne s’est jamais réalisé», affirme-t-il. Il craint qu’une éventuelle étude soit «plus politique qu’autre chose ».
En ce qui concerne l’option d’avoir une piste dans l’emprise de la voie ferrée, il estime que c’est difficilement réalisable dans Robert-Cliche, et que ce serait trois fois plus dispendieux (de 10 à 12 M $ par rapport à 3 ou 4 M $). Quant à la possibilité que le gouvernement défraie la différence, il répond : « je ne crois pas à des promesses comme ça ».
M. Chaîné insiste pour dire que les entreprises de la Beauce estiment ne pas avoir besoin du train et que la remise en état de la voie ferrée serait fort dispendieuse. Il note que la construction d’une piste cyclable aurait l’avantage de préserver l’existence du corridor, si dans quelques décennies, l’aménagement d’une voie ferrée devenait opportune.
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