3 décembre 2007

Lyon-Pékin à vélo : l’itinéraire végétal de Sébastien Joannin
Sébastien Joannin a réussi l’exploit de rallier Lyon et Pékin à vélo. Un challenge sportif doublé d’un objectif scientifique pour ce jeune palynologue.
« M. Nicolas Sarkozy était l'invité d'honneur de la Chine la semaine dernière. Aujourd'hui, nous recevons un autre invité de marque : le Dr Sébastien Joannin ».
C'est en vraie guest-star qu'a été accueilli Sébastien Joannin vendredi dernier au musée de paléozoologie de la ville de Pékin.
La preuve ici avec les propos de son directeur, M. Wang Yuan, ouvrant une cérémonie organisée dans les règles de l'art : discours de présentation, séance photo, champagne et ruban rouge.
Cet accueil est à la mesure de l'exploit réalisé par ce Français de 28 ans : parcourir à vélo les 13 000 kilomètres séparant Lyon de Pékin.
Arrivé sur la place Tiananmen le 23 novembre dernier, Sébastien Joannin a traversé douze pays en sept mois, de l'Europe de l'Est à la Chine, en passant par l'Asie Centrale. Vitesse de croisière : une centaine de kilomètres par jour.
Épopée végétale
Et comme si ce défi sportif n'était déjà pas suffisant, ce passionné de vélo et de photo a décidé de le corser en y ajoutant un volet scientifique. Diplômé de paléontologie à l'Université de Lyon, Sébastien Joannin s'est spécialisé dans une discipline bien spécifique : la palynologie ou l'étude des pollens fossiles.
Ses substances fournissent de précieuses informations sur la végétation et le climat du passé, et permettent ainsi de mesurer l'impact du réchauffement climatique par comparaison avec la biodiversité d'aujourd'hui.
il a donc récolté des échantillons de mousse pour en analyser ensuite le pollen en laboratoire. Un projet ambitieux qui a su séduire l'explorateur Jean-Louis Etienne qui a accepté de le parrainer.
Mais comme la végétation n'abonde pas vraiment dans le désert, c'est souvent dans la montagne que Sébastien Joannin est allé chercher ses précieux échantillons, et parfois très haut. Ainsi de ce col à 4 300 mètres d'altitude gravi dans le sud de la Chine, une prouesse qui laisse la cinquantaine d'étudiants chinois venus l'écouter béats d'admiration.
Sorti indemne de ces épreuves, il a ramené un millier de clichés de plantes et de fleurs dans ses sacoches. D'où l'idée de cette exposition « One Bike, One Dream » au musée de paléozoologie.
La Chine, un eldorado pour les jeunes chercheurs
C'est sûr, tout le monde ne choisit pas ce moyen de locomotion pour venir en Chine. Mais l'initiative de Sébastien Joannin vient attester d'un fait plus général : l'attrait croissant de la Chine chez les jeunes chercheurs.
« La Chine est un paradis en matière de fossiles, notamment pour les dinosaures. Elle attire les chercheurs du monde entier », explique Jean-Claude Thivolle, directeur du CNRS en Chine, venu manifester le soutien de l'organisme au projet de Sébastien.
Exemple ici même avec ce laboratoire de paléontologie qui accueille déjà six Occidentaux sur une centaine de personnes. Sans compter que les chercheurs bénéficient de conditions de travail favorables. « La Chine est très demandeuse de savoir étranger. Ils ont des moyens, plein de bourses et le budget de la recherche augmente chaque année, ,contrairement à la France où on est obligé de râler pour quelques crédits supplémentaires », raconte Vincent Dupret qui a quitté Paris il y a deux ans pour effectuer sa thèse post-doctorale à Pékin.
En attendant, c'est à Lyon que Sébastien Joannin effectuera l'analyse de ses mousses. Mais il n'exclut pas de refaire la même chose dans dix ans pour observer les évolutions. Courageux garçon.
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