19 novembre 2007
Bien qu'à la retraite depuis bientôt un an, Jan Ullrich fait toujours parler de lui dans le monde du cyclisme. Alors qu'il a toujours nié s'être dopé durant sa carrière, le coureur allemand se voit accuser ce lundi d'avoir eu recours à l'EPO lors de sa victoire sur le Tour de France 1997. L'hebdomadaire allemand Focus déclare ainsi détenir des enregistrements de conversations entre Rudy Pevenage, le mentor d'Ullrich, et Jeff d'Hont, l'ancien soigneur de l'équipe Telekom, accablants pour le jeune retraité.
S'il croyait qu'il allait laisser derrière lui tous les soupçons de dopage planant sur sa personne en annonçant sa retraite le 26 février dernier, Jan Ullrich s'est trompé. Déjà inquiété par de nouveaux éléments d'enquête le confondant dans l'affaire Puerto un petit mois après avoir raccroché son vélo, le coureur allemand se voit désormais accusé d'avoir eu recours au dopage à l'occasion de son plus grand fait d'arme: la victoire du Tour de France 1997. Peu épargné par la sortie en avril de l'ouvrage intitulé «Mémoire d'un soigneur dans le cyclisme» rédigé par Jeff d'Hont, le renommé masseur du peloton qui s'était occupé de la formation Telekom entre 1992 et 1996, Ullrich est aujourd'hui accusé par l'hebdomadaire Focus d'avoir eu recours à l'EPO lors de sa victoire d'il y a dix ans sur la Grande Boucle.
Le magazine allemand soutient détenir des enregistrements de conversations effectués à l'insu de Jeff D'Hont et Rudy Pevenage, mentor du natif de Rostock durant sa carrière et ancien directeur sportif de Telekom, accablants au sujet du jeune retraité. Ainsi Rudy Pevenage aurait lancé à Jeff D'Hont au sujet des accusations formulées par ce dernier dans son livre sur la prise de produits dopants d'Ullrich lors de sa deuxième place sur la Grande Boucle 1996: "C'est aussi comme cela qu'il a gagné le Tour, non ?". Ce à quoi le soigneur aurait répondu: "Oui et il aurait déjà pu gagner le Tour l'année d'avant." En 1996 donc, celui remporté par le Danois Bjarne Riis, le vainqueur déchu il y a peu après être passé aux aveux, mais aussi ex-coéquipier d'Ullrich chez Telekom...
Que va dire Ullrich ?
Il y a quelques jours Jeff D'Hont avait déjà révélé à la presse que Rudy Pevenage lui avait confirmé qu'Ullrich avait eu recours au dopage dès 1996. "Jan a toujours dit qu'il n'avait jamais eu recours au dopage (...), il aurait mieux fait de ne pas dire cela", avait ainsi lancé l'ancien soigneur en rapportant les propos de Rudy Pevenage. Alors qu'il s'était fait très discret depuis l'annonce de sa retraite l'hiver dernier, Ullrich, soupçonné de tricherie depuis que son nom avait été cité dans l'Opération Puerto, ce qui lui avait d'ailleurs valu d'être interdit de départ à Strasbourg sur le Tour 2006, semble définitivement s'être fait rattraper dans sa fuite contre le dopage.
Si les poches de sang arborant la mention «Hijo de Rudicio» («fils de Rudy») retrouvées lors de la mise à jour du réseau de dopage sanguin liée à l'Opération Puerto n'avait jusque-là pas eu de conséquence directe, tout du moins juridique, sur la culpabilité d'Ullrich- et ce bien que l'ADN du coureur avait confirmé que des poches de sang saisies dans le laboratoire du docteur Eufemiano Fuentes lui appartenaient bien- il est probable que ces nouvelles révélations connaissent elles une suite. Reste à savoir quelle défense va choisir le Poulidor des temps modernes (il a terminé deuxième du Tour de France en 1996, 1998, 2000, 2001 et 2003, Ndlr). Va-t-il continuer à nier des faits qui semblent pourtant irréfutables ou va-t-il choisir la voie de la rédemption comme ont pu le faire entre autres cette année ses anciens coéquipiers Riis et Erik Zabel ? Le peu de crédibilité qui lui reste est en jeu.
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