27 novembre 2007Gestev : gestion d’événements sportifs et culturels

Patrice Drouin, le ski bum
devenu gestionnaire de grands événements
Gestion d’événements Gestev est une entreprise jeune et créative spécialisée en gestion d’événements sportifs et culturels. Mise sur pied en 1992 par Patrice Drouin et Chantal Lachance, deux adeptes du vélo de montagne, Gestev a su diversifier ses activités au fil des ans et se démarque aujourd’hui par sa polyvalence.
Pierre Champagne
Les Fêtes de la Nouvelle-France, c’était eux. Pendant 10 ans. L’an dernier ils ont passé le flambeau à d’autres.
La course de patinage extrême Red Bull Crashed Ice, qui sera de retour à Québec pour la troisième année consécutive en 2008, c’est aussi eux. Le 26 janvier, une soixantaine de compétiteurs de plusieurs pays dévaleront la côte de la Montagne, à partir du Château Frontenac, jusqu’au site de la place Royale.
Vélirium, Coupes du monde UCI de vélo de montagne, Coupes du monde NOKIA/FIS de surf des neiges et le prochain Snowboard Jamboree, c’est encore eux.
Ils ne sont pas connus qu’à Québec, ils le sont à travers le monde. Ils ont organisé des descentes de vélo de montagne et de planche à neige en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du Sud, en Autriche, en Italie, en France, en Norvège, en Suisse, au Mexique, en Chine et un peu partout aux États-Unis.
Pourtant la compagnie n’est pas énorme. À l’heure actuelle, l’équipe de Gestev ne compte que 14 employés permanents. Ce n’est pas tout à fait le Cirque du Soleil. Mais son chiffre d’affaires augmente année après année.
Les projets sont nombreux. On songe à une course de moto de calibre international par exemple, sur une piste spécialement aménagée quelque part dans la région; on aimerait bien terminer le montage financier pour concevoir à Québec un grand festival du blues; on pense aussi à la réalisation d’un festival d’automne de chasse, de pêche et de gastronomie du terroir comme on en trouve un à Bergen en Norvège, une ville de 250 000 habitants.
En 1998, la course du monde de vélo de montagne qui avait été organisée au Mont-Sainte-Anne par Gestev avait attiré 75 000 visiteurs et des cyclistes de 35 pays pour des retombées économiques de 19 millions $ dans la région de Québec.
Chaque année, le Red Bull Crashed Ice injecte 5 millions $ en retombées à Québec. Même chose pour les concours de vélo de montagne, les descentes en planche à neige, etc.
Un ski bum
Toute cette aventure, d’abord sportive, puis culturelle et maintenant axée sur le sport extrême urbain, a débuté lorsque Patrice Drouin, un petit gars de L’Ange-Gardien, a vu, pour la première fois de sa vie, dans les montagnes de Whistler en Colombie-Britannique, un vélo de montagne. Il s’est procuré son premier vélo de montagne durant l’été 1981. Il était à Whistler depuis 1979, où il travaillait comme entraîneur de ski, patrouilleur, barman ou garçon de table selon les saisons et les besoins. Un peu comme il avait fait toute sa vie d’adolescent, au Mont-Sainte-Anne, durant ses études.
Au début des années 80, tous les skieurs du monde entier ne rêvaient qu’à Whistler. C’était la nouvelle destination fétiche en Amérique du Nord. L’été, le vélo de montagne, un sport qui venait d’être inventé en Californie, commençait à être populaire.
« Ce ne fut pas très long avant que je m’en procure un et que je me présente, avec quelques copains, dans des compétitions amicales dans les pentes de Whistler. »
« En 1983, je suis revenu dans la région de Québec, avec mes skis, ma planche à neige et... mon vélo de montagne. J’ai créé une association québécoise de vélo de montagne et on a réalisé une première compétition au Mont-Sainte-Anne, en 1983. L’année suivante, en 1984, on complétait le circuit à Tremblant et à Bromont. Notre association a ensuite fusionné avec la Fédération québécoise des sports cyclistes et, en fusionnant, ce fut le départ pour l’international. Entre 1989 et 1991, avec six représentants de six pays différents, on a mis sur pied tous les règlements qui nous ont amenés à la présentation d’une première coupe du monde à Québec. Et c’est à cette occasion que j’ai fondé Gestev, en m’associant avec Chantal Lachance, qui s’était intéressée au vélo de montagne depuis 1984. Elle avait même suivi une formation d’officiel, de juge, d’arbitre. On travaillait bien ensemble, et j’étais persuadé que je pouvais partir en affaires avec elle. »
Mais c’est en allant d’un pays à l’autre, pour organiser des compétitions de vélo de montagne, que les créateurs de Gestev ont constaté qu’à chaque grande manifestation sportive était attaché un volet culturel. Entre 2000 et 2003, Tissot (les montres) est devenu un partenaire majeur de la Coupe du monde, et Gestev a eu pour mandat de superviser partout dans le monde la mise en place, dans les pentes, des visuels de Tissot, en fonction des caméras de télévision. Il fallait bien voir les affiches de Tissot, les pancartes, les enseignes, les panneaux publicitaires, etc. Et partout, dans toutes les villes, un volet culturel était aussi au programme.
Ainsi, lorsque la Ville de Québec a fait un appel d’offres, en août 1996, pour la gestion d’une grande fête culturelle susceptible de succéder aux Médiévales, Gestev se sentait d’attaque. On a présenté un programme festif qui s’étendait sur 10 années consécutives et qui devait se terminer avec les Fêtes du 400e de Québec. Sur les cinq compagnies qui ont présenté une proposition, celle de Gestev a été la seule retenue.
Très grosse année pour Gestev que 1996. Il fallait préparer à la fois le Championnat du monde de vélo de montagne, le Championnat de surf des neiges et les Fêtes de la Nouvelle-France. La compagnie est alors passée de 5 à 15 employés. Ils sont encore 15. Parce que le Championnat du monde de vélo de montagne revient en 2010; que le Crashed Ice revient cet hiver pour la troisième année consécutive; parce qu’il faut préparer le Snowboard Jamboree, le Billabog Junior Pro Tour à Stoneham, le face-à-face Canadien-Nordiques, le Redbull Combat (planche à roulettes). La compagnie ne manque pas de projets.
Pas si pire pour un ski bum qui s’amusait à descendre les pentes du Mont-Sainte-Anne et celles de Whistler.
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