19 novembre 2007

Hommage à des gens d'exception


«Le vélo, c’est mon sport», dit Audrey Bernard,
une adolescente heureuse de 14 ans.
photo : Erick Labbé

Audrey Bernard, une battante dans la bonne roue

Audrey Bernard vient de recevoir le titre de révélation féminine de l’année par la Fédération des sports cyclistes du Québec.

Louise Lemieux

« J’aime la compétition. J’aime être dans la course. » Les yeux d’Audrey Bernard brillent. Son sourire à fossettes en dit long sur sa joie de faire du vélo de compétition. Et surtout sur son plaisir de gagner ses courses.

Audrey Bernard est une battante. Elle est prête à faire des efforts pour gagner.

« Nous, on a vu ça assez vite qu’elle serait une championne. Elle a du chien », dit son père, Alain Bernard.

D’autres flairent la même chose : la Fédération des sports cyclistes du Québec (FSCQ) vient de lui décerner le titre de révélation féminine de l’année.

Non sans raison : en 26 épreuves, cette saison, elle a gravi 24 fois le podium, dont 17 fois pour la première place. Aux Jeux du Québec de Sept-Îles, en août, elle a remporté quatre médailles d’or.

L’adolescente de 14 ans adore la compétition. « Avant une course, j’ai le trac. Je suis la plus stressée. J’ai hâte que la course commence. J’aime ça avoir tous les cyclistes autour de moi. » Et pendant la course, elle pense. À sa stratégie. Se placer «dans la bonne roue», c’est-à-dire à côté de celle qu’elle pourra mieux dépasser dans le sprint final, économiser assez d’énergie pour le sprint final, anticiper la stratégie des autres.

Curieusement, raconte sa mère, Caroline Martel, « Audrey ne voulait rien savoir de la compétition quand nous avons inscrit les enfants au club de vélo, il y a quatre ans. Mais elle y a vite pris goût ».

Audrey et son frère Christopher (15 ans) font partie du club Élicycle de Québec. Christopher est aussi champion, mais d’une autre manière. Malgré le diabète dont il souffre, il continue de s’entraîner avec sa sœur et participe aux compétitions. « C’est difficile pour lui de gérer son taux de sucre durant une course, mais il y arrive. On l’encourage à persévérer », dit son père, fier de son fils, heureux pour sa fille.

Sport accessible
Depuis quatre ans, les parents suivent leurs deux enfants aux compétitions et s’entraînent avec eux.

Cet hiver, ils feront de la raquette tous les quatre, pour le plaisir. Mais aussi pour entraîner les enfants en prévision de la prochaine saison. Pourquoi la raquette plutôt que le ski de fond ? La raquette coûte moins cher et les enfants ne risquent pas d’embarquer dans un autre sport de compétition.

Car soutenir financièrement et psychologiquement deux enfants qui font de la compétition, c’est du sport ! constatent Caroline Martel et Alain Bernard.

« On veut encadrer les enfants, mais en même temps, on cherche à prendre du recul. On ne veut pas mettre de pression, mais on veut les encourager et les pousser. C’est parfois difficile de trouver sa place », disent les parents.

Et Audrey d’ajouter : « Je suis chanceuse d’avoir un sport que tout le monde — y compris mes parents — comprend. C’est vraiment le fun ! »

Chaque année, depuis quatre ans, Alain Bernard et Caroline Martel posent la grande question à Audrey et Christopher : voulez-vous continuer la compétition ? Êtes-vous prêts à faire les efforts nécessaires ?

Depuis quatre ans, la réponse est OUI !

Impossible de jaser de vélo sans aborder le dopage et le cas de Geneviève Jeanson.

« J’ai regardé le reportage plus d’une fois », avoue Alain Bernard. Il se dit que c’est une bonne chose que tout cela soit sorti du sac, pour mieux sensibiliser les jeunes.

Le dopage... c’est si loin de la réalité d’Audrey Bernard. « Tout le monde sait qu’on ne doit pas se rendre là. C’est tellement triste pour Geneviève Jeanson. Elle avait du talent... », dit l’adolescente.

Les Olympiques ? « C’est sûr, c’est le rêve de tous les athlètes. Je voudrais faire de la course au niveau international. Mais c’est encore loin. Pour l’instant, je veux juste continuer. Le vélo, c’est vraiment mon sport », dit l’adolescente. Audrey Bernard. Un nom à retenir.

Chaque semaine, un jury formé de représentants des rédactions du Soleil, de la radio et de la télévision de Radio-Canada à Québec nomme un lauréat afin de souligner une réalisation exceptionnelle ou une contribution significative à la vie ou au rayonnement de Québec. Rencontrez le lauréat de la semaine dans Le Soleil et à la radio de Radio-Canada.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive