28 novembre 2007

Affaire Kashechkin, la lutte contre le dopage respire !

L'affaire promettait d'avoir de grandes implications sur la lutte contre le dopage. Les avocats du cycliste kazakh Kashechkin poursuivaient l'Union cycliste internationale devant un tribunal civil belge et contestaient le droit des fédérations sportives de tester les coureurs hors compétition. Le tribunal de première instance de Liège, siégeant en référé, s'est déclaré mercredi sans compétence territoriale pour connaître de l'action introduite par le coureur. Juste un répit ?

Le coureur réclamait au tribunal la suspension de tous les effets de la procédure menée à sa charge par l'Union cycliste internationale (UCI) ainsi que l'interdiction de prononcer une sanction disciplinaire contre lui. Andreï Kashechkin, âgé de 27 ans, avait été contrôlé positif pour une transfusion sanguine homologue le 1er août 2007 en fin de soirée lors de son premier jour de vacances dans un hôtel en Turquie. L'équipe qui l'employait, Astana, l'avait licencié le 31 août après l'analyse d'un échantillon B qui avait confirmé le premier verdict selon lequel le coureur était dopé. Ses avocats avaient tenté de démontrer le caractère inadmissible du procès qu'on lui infligeait et dénonçaient des pratiques contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme. Ils dénonçaient notamment une privatisation de la mesure de sanction et une impossibilité de se défendre face au règlement et aux procédures de l'UCI. La défense du coureur affirmait que les fédérations n'ont pas le droit d'imposer des sanctions lourdes qui nuisent à la carrière des compétiteurs. "Ce n'est pas une bataille pour ou contre le dopage, parce que nous sommes tous contre le dopage. C'est une bataille contre le système qui ne respecte pas les droits fondamentaux des individus", avait déclaré l'avocat de Kashechkin, Christian Botteman. Selon la défense, le contrôle effectué en Turquie était anormal (quantité de sang insuffisante) et illégal, car effectué au-delà de 22 heures (locales) par deux médecins qui n'ont pas tenu compte du décalage horaire au moment de réaliser le prélèvement.

L'une des questions principales concernait le lieu du procès, la Belgique. Les avocats de Kashechkin estimaient qu'ils détenaient assez d'éléments pour faire en sorte que l'affaire soit examinée. Ils rappelaient notamment que le cycliste a vécu en Belgique pendant cinq ans et qu'il a des liens profonds avec le pays.

Le tribunal des référés de Liège s'est pourtant déclaré sans compétence territoriale pour juger de la demande introduite par Andreï Kashechkin, estimant que les engagements souscrits par le coureur lors de la signature de sa demande de licence présentent toutes les caractéristiques du contrat d'adhésion. Dans ce contrat, il s'engage à respecter les statuts et les règlements de l'UCI. C'est donc devant les juridictions établies en Suisse (où est situé le siège de l'UCI) qu'Andreï Kashechkin devait introduire sa demande.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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