21 novembre 2007

La vélo attitude gagne la péninsule

Le vélo est de plus en plus plébiscité par les associations pour lutter contre les embouteillages et la pollution des grandes villes. La première Conferenza nazionale della bicicletta a récemment eu lieu à Milan. Au programme : la création de pistes cyclables et le bike-sharing

Marie Malzac

Du 9 au 11 novembre, la première Conferenza nazionale della bicicletta s'est tenue à Milan. Pour la première fois, tous les acteurs du cyclisme étaient réunis, des sportifs aux producteurs en passant par des environnementalistes et des ingénieurs urbains.

Le document final appelé "Inbici, due ruote per il futuro" a été adressé au gouvernement et au parlement pour favoriser le déplacement à vélo, afin de limiter les embouteillages et la pollution.

La réponse au niveau institutionnel est venue du ministre de l'environnement et de la province Alfonso Pecararo Scanio, qui a annoncé la création d'un service national de la bicyclette chargé d'établir un plan de mobilité. Le gouvernement débloquera 15 millions d'euros à cet effet. Il s'agirait, pour que l'usage du vélo augmente parmi les Italiens, d'investir dans plus de pistes cyclables et dans le fameux bike-sharing.

À Milan, on prévoit entre autres l'installation de 2615 vélos parkings et la création de 16,3 kilomètres de pistes cyclables en plus en 2008. Le fameux système, dit "à la française" des vélos en libre-service, devrait être opérationnel dans la capitale lombarde d'ici à avril. La mairie a annoncé qu'elle financerait, au moins au départ, les quelques 6000 bicyclettes mises en circulation.

Le mauvais élève du vélo européen
Les bonnes intentions de la Fiab (Federzione italiana degli amici della bicicletta) ainsi que les promesses des autorités suffiront-elles à combler les lacunes italiennes en matière de mobilité cyclable ? Seul 4% de la population italienne fait un usage quotidien du deux roues sans moteur, contre 9,5% de la population totale européenne et 27% des Néerlandais. À Milan, le nombre de cyclistes est à la hausse, mais dans un environnement particulièrement dangereux.

Les chiffres annoncés par le quotidien La Repubblica donnent une idée de l'ampleur du travail à accomplir. Ainsi, alors qu'entre 2002 et 2006 on dépensait en Allemagne 100 millions d'euros pour entretenir et créer des pistes cyclables, on investissait seulement 5 millions en Italie. Rien qu'à Munich, on trouve 1200 kilomètres consacrés aux vélos tandis qu’on ne dépasse pas les 2500 kilomètres dans toute la péninsule.

Les plus sceptiques regardent avec envie Paris et Lyon et vantent le succès du Vélib' et du Vélo'v, tout en se demandant si la mentalité italienne s'accommodera du bike-sharing. "Milan a testé le système il y a 20 ans, se plaint un internaute, mais au bout de quelques mois il n'y avait plus aucun vélo en circulation".

Le bike-sharing à Milan
6000 vélos dès avril 25 euros par an pour un abonnement, 3 euros la semaine, gratuit la première demi-heure
Financé par la mairie pour le moment, géré par l'ATM, mais système appelé à trouver d’autres fonds comme la publicité
Les premières zones qui bénéficieront du bike-sharing : Città Studi (Stazione Lambrate), Bicocca (Stazione Grecco Pirelli) et Bovisa


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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