22 novembre 2007

JCDecaux à Toulouse, une affaire qui roule... à vélo ?

Pas de doute, le Vélib' parisien a servi de vitrine au nouveau produit publicitaire de Jean-Claude Decaux. Début septembre, le groupe JCDecaux annonçait avoir remporté le contrat des vélos en libre en service de la ville de Toulouse pour une durée de 15 ans. Après Lyon avec les Vélov', Paris et ses Vélib', depuis le 16 novembre, c'est au tour de la Ville Rose d'accueillir son parterre de vélos baptisé VélôToulouse.

Le contrat inclut une première tranche de 135 stations et 1470 vélos puis « trois tranches conditionnelles » qui porteraient le tout à 253 stations et 2400 vélos. Reste qu’au-delà des annonces marketing – faites tout de même à grands frais – les vélos à la « sauce » Decaux pourraient ne pas prendre aussi bien qu’on voudrait nous le faire croire à Toulouse, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord le potentiel de clientèle. Ne rêvons pas : étudiants et sportifs toulousains n’ont pas attendu Decaux pour sillonner les pistes cyclables du Canal du Midi. Il est vrai que ces chemins ombragés le long du Canal permettent « idéalement » de rejoindre le quartier des grandes écoles et facultés au Centre Ville … et inversement. De ce fait, le vélo fait souvent partie – et depuis fort longtemps – du paquettage de base de tout étudiant toulousain qui se respecte, « investissement » à l’appui.

L’abonnement annuel aux vélo-stations coûtera lui 25 euros. Les abonnements hebdomadaires, mensuels ou annuels oscilleront entre 5 et 25 euros. Sans abonnement, l’usager ne paiera pas la première demi-heure, déboursera 50 centimes la première heure, 1,50 euro l’heure suivante et 2 euros les heures supplémentaires. Soit nettement moins que les tarifs du Vélib' parisien, soit dit en passant...

JCDecaux en concurrence
Autre point : la concurrence. Depuis déjà quelques années, la société TISSEO (métro, bus) offre la possibilité de louer des vélos à un prix modique à plusieurs endroits de la ville, la plus grosse base se situant sur la place du Capitole, le coeur de la ville de Toulouse, dans tous les sens du terme.

Dernier point, les principales zones de bureaux se situent en dehors de Toulouse intra-muros, taxes professionnelles « aidant ». De ce fait les sites Airbus de Colomiers et de Blagnac, les sociétés informatiques et high-tech de de Labège Innopole, les entreprises situées autour de la zone aéroportuaire sont quasiment accessibles uniquement via les rocades. Ce qui rend difficile voire impossible un report du trafic routier vers le trafic « cyclable ».

Mais VélôToulouse, élus et entrepreneurs y croient dur comme fer, quitte pour certains à nous faire croire qu’ils sont pionniers en la matière. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc a rappelé en effet son attachement aux modes de déplacements doux alternatifs à la voiture, « la croissance de la ville actuelle avec la seule logique automobile n'est pas possible. Le développement des vélos, des transports en commun, de la place des piétons, font partie d'une même politique. Ce sont les étapes de la vision d'une ville plus conviviale et plus humaine ».

Pour Jean-Charles Decaux, présent aux côtés de son père, Jean-Claude Decaux, VélôToulouse « répond au défi de bouger autrement dans la ville. J'espère que Toulouse, ville semble-t-il la plus sportive, battra le record de 12 à 13 rotations par vélo et par jour détenu par Paris ». On l’espère pour lui !


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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