20 novembre 2007

Des $ pour des médailles

Pour la première fois dans l’histoire, les athlètes canadiens recevront une prime de performance pouvant atteindre 20 000 $ par médaille olympique, a annoncé le Comité olympique canadien, hier.

Katia Bussière

À compter des Jeux olympiques de Pékin, en 2008, un athlète qui remportera une médaille d’or empochera la plus grosse somme, 20 000 $, tandis qu’une médaille d’argent vaudra 15 000 $ et une médaille de bronze, 10 000 $, a fait savoir le président du Comité, Michael Chambers.

Tous les sports olympiques bénéficieront de primes de performance et ces récompenses seront les mêmes pour les sports d’équipe et individuels. Chacun des membres d’une équipe médaillée recevra la prime.

Comme l’argent a toujours été un problème dans le sport amateur, les athlètes olympiques obtiendront dorénavant une rémunération pour les sacrifices qu’ils ont faits. « Nous sommes emballés par ce programme qui montre notre engagement à l’égard de la performance sportive et de la reconnaissance de l’excellence », a dit M. Chambers.

Les récompenses seront accordées par l’entremise du nouveau Fonds d’excellence des athlètes du Comité olympique canadien.

« Dérisoire »
La nageuse d’élite Audrey Lacroix, qui représente un espoir de médaille à l’épreuve des 200 m papillon aux Jeux de Pékin, estime «dérisoires» les montants promis aux médaillés olympiques.

Dans un sport relevé comme la natation, les États-Unis offrent au moins 75 000 $ pour une médaille d’or et l’Australie donne au moins 50 000 $, selon l’athlète de Pont-Rouge. « Pour un nageur canadien, recevoir 20 000 $ est du petit crémage. C’est beaucoup plus un boni qu’une source de motivation », dit-elle.

« Quand tu es rendu au point de gagner une médaille d’or, tu peux aller chercher beaucoup plus d’argent (que 20 000 $) en commandites », poursuit Lacroix, classée quatrième au monde.

(...)

« Pas pour l’argent »
Jean-Philippe Le Guellec, de Shannon, précise qu’il ne fait pas du biathlon pour gagner de l’argent.

« Je ne vis pas de ça. Et ce n’est pas pour de l’argent que je veux une médaille d’or. Pour moi, l’important, c’est de réussir une bonne performance », pense l’athlète. Il affirme toutefois qu’un «coup de pouce» du Comité olympique peut être pratique pour les athlètes moins bien nantis.


20 novembre 2007

Un peu tard

Même s’ils applaudissent cette nouvelle mesure, plusieurs athlètes croient que les montants accordés sont loin de garantir une retraite confortable après une longue carrière.

« C’est un boni intéressant, mais c’est un peu tard et nous sommes loin derrière, si l’on se compare à d’autres pays. Par chance que j’ai des études et une carrière. Est-ce que 10 000 $ ou 20 000 $ me garantiront une retraite ? On ne gagne pas des millions comme les joueurs de hockey », affirme Dominique Maltais, médaillée de bronze à Turin.

« C’est une bonne nouvelle, mais ça ne devrait pas être juste une fois. Ça pourrait être une pension à vie, compte tenu de tous les efforts et les sacrifices pour atteindre le but. Les dépenses d’une seule saison dépassent souvent 20 000 $. On met quelque chose à l’arrivée, mais il faudrait penser au chemin pour s’y rendre. Combien y aura-t-il de médaillés touchés ? Ce n’est pas une grosse facture pour le gouvernement », a dit le cycliste Charles Dionne.

Même son de cloche pour David Veilleux. « Ça ne coûtera pas une fortune. C’est une bonne initiative, mais la médaille vaut beaucoup plus que le chèque au bout. Ce n’est pas une grosse somme, mais c’est un juste milieu pour ne pas encourager encore plus le dopage. À 100 000 $ par exemple, ça pourrait être différent. »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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