20 novembre 2007

Il parcourt 4200 kilomètres à vélo

Une expérience inoubliable pour Jonathan Paquet-Robitaille

La récréation est terminée pour Jonathan Paquet-Robitaille. Le jeune cycliste prisonnier des flammes à San Diego est rentré au bercail la semaine dernière pour reprendre le travail. Après un périple de 38 heures qui l’a ramené par avion à Chambly, le cycliste de 25 ans a pris quelques jours pour remettre ses idées en place.

André Corbeij

Le Journal a rencontré un Chamblyen très comblé par l’aventure de six semaines qui l'a amené de Vancouver à San Diego, en Californie, à deux pas de la vague d’incendies qui a dévasté une partie du territoire.

Jonathan revient de ce voyage avec des images plein la tête et un accomplissement personnel. Parti seul avec son vélo et une mini-remorque contenant son paquetage, les trois premières semaines du périple ont été difficiles. Le mauvais temps persistant a sapé le moral du cycliste.

« Lorsque j’ai traversé la frontière à Vancouver pour me retrouver aux États-Unis, je me suis dit que j’avais atteint le point de non retour. J’étais galvanisé et me suis lancé à fond la caisse en me donnant un objectif de 50 à 90 kilomètres de route par jour. À ma grande surprise, ma bonne forme physique m’a permis de rouler plus de 100 kilomètres par jour. J’ai roulé en solitaire les trois premières semaines. Le temps était plutôt maussade la plupart du temps et j’ai eu un coup de cafard. Je roulais dans le brouillard et sous la pluie, avec de forts vents et de longues montagnes à gravir. J’ai appelé à la maison et la famille m’a remonté le moral. Il y a aussi les voitures et les motocyclistes qui m’envoyaient la main et me faisaient un gros pouce pour m’encourager. J’ai pu continuer ma route avec une motivation supplémentaire », raconte Jonathan.

Le tracé que Jonathan a effectué lui a permis de voir les plus beaux paysages de la côte Ouest américaine situés sur les rives de l’océan Pacifique. Muni de son petit appareil photo numérique, il a capturé près de 200 images. Certaines sont belles à couper le souffle et pourraient figurer sur des cartes postales. Les côtes de l’Oregon comptent parmi les scènes les plus spectaculaires que Jonathan a photographiées.

Durant son voyage, le cycliste a fait des arrêts dans les campings pour se reposer. Les touristes étaient nombreux à venir lui offrir de la nourriture et lui demander d’où il venait avec son vélo et son traîneau à paquetage.

De ses rencontres durables, Jonathan en a fait une belle. Il a rencontré des cyclistes du Japon, de l’Australie, des États-Unis, bien sûr du Canada, mais aucun du Québec. Il a fait un bon bout de chemin avec un type du Minnesota, un électricien de 31 ans qui se rendait également à San Diego à vélo. Les deux hommes ont roulé en tandem pendant près d’un mois.

« Avant de croiser Ryan, le moral était au plus bas à tous les jours. En vélo quand tu roules sur plusieurs semaines en solo, il arrive que tu frappes un mur qui te décourage un peu. Les routes ne sont pas toujours belles et sans accotement et tu te fais souvent tasser par les camions lourds. Ryan arrivait de l’Alaska. J’ai été très heureux de pouvoir rouler avec lui. Ça rendait le voyage plus agréable », poursuit Jonathan.

Le but du périple à vélo étant San Diego, les plans de Jonathan ont été chamboulés lorsqu’il s’est fait refouler à 30 kilomètres de San Diego. « Sans radio, je n’étais pas au courant qu’il y avait des incendies en Californie. Je l’ai appris un matin en déjeunant dans un resto. J’ai vu à la télé les reportages. À mesure que j’approchais de San Diego le ciel était noir et on sentait la fumée transportée par les vents. Je me suis levé un matin avec de la cendre sur ma tente. Je n’ai pas pu me rendre bien loin car les routes étaient bloquées. Je suis resté quelques jours dans un camping avec les sinistrés. La bouffe et l’aide arrivaient par camions. J’ai vu des gens arriver avec une remorque contentant les biens qu’ils ont pu sauver des flammes », poursuit Jonathan.

Au terme du périple Jonathan est très heureux du défi qu’il a pu relever.

« Par chance, je n’ai eu aucun problème mécanique. Aucune crevaison. Faut croire que le type qui a préparé le vélo connaît bien son job. Les routes étaient par moment dangereuses. Les côtes très difficiles à monter par moment mais une fois gravies, la satisfaction était totale. J’aurais été capable de rouler encore un bon bout. J’en voulais encore plus. Je voulais continuer jusqu’au Mexique mais l’argent commençait à manquer et avec les incendies en Californie, ça m'a un peu refroidi. C’est mon premier voyage à vélo et ça ne sera pas mon dernier », conclut Jonathan avec le sourire de la satisfaction bien accroché au visage.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive