21 novembre 2007
Avec les rebondissements des affaires Mayo et Valverde, la crispation redouble entre l'Espagne et les autorités mondiales du cyclisme qui attendent impatiemment la réouverture hypothétique de l'affaire Puerto par la justice de Madrid.
Pour les Espagnols, la requête de l'Union cycliste internationale (UCI) au Tribunal arbitral du sport (TAS) d'infliger une suspension de deux ans à Alejandro Valverde, en raison de son implication présumée dans le réseau de dopage sanguin organisé autour du Dr Fuentes, ressemble fort à de l'acharnement.
Tout comme la décision de la même UCI de faire ré-analyser à partir de mercredi l'échantillon B d'Iban Mayo à Châtenay-Malabry malgré la clôture du cas par le laboratoire de Gand - qui a rendu un résultat «non-concluant».
Les responsables du cyclisme espagnol «ne luttent pas contre le dopage», a estimé Pat McQuaid, président de l'UCI, lors de la conférence mondiale sur le sujet la semaine dernière à Madrid, où les représentants des deux fédérations ont soigneusement évité de se serrer la main.
« On n'est pas solidaires des coureurs, mais on tente d'appliquer la loi de manière cohérente », réagit Eugenio Bermudez, secrétaire général de la fédération espagnole de cyclisme (RFEC), partie civile dans l'affaire Puerto aux côtés de l'UCI. Dans le cas Mayo, « le résultat de la contre-expertise ne plaît pas à M. McQuaid alors il décide de la faire refaire ».
Jaime Lissavetzky, secrétaire d'État espagnol aux sports, a lui aussi adopté un discours légaliste lors de la conférence madrilène, expliquant l'impuissance des autorités politiques espagnoles par le respect des décisions de justice. En interdisant toute utilisation des informations contenues dans le dossier d'instruction de l'opération Puerto à des fins disciplinaires, le juge espagnol a en effet lié les mains de toutes les parties.
Espagne en marge
Et une incertitude totale règne sur la réouverture ou non du dossier après l'appel déposé en mars contre le non-lieu prononcé par le juge. Au mieux, une décision n'est pas attendue avant la mi-janvier 2008, d'après des sources proches de l'affaire.
Aujourd'hui, les Espagnols ont donc beau jeu de se réfugier derrière l'interdiction du juge pour justifier leur inaction. Et l'UCI, du coup, de critiquer en bloc toute l'Espagne.
« L'UCI nous a demandé de sanctionner Valverde avant les Mondiaux, mais cela serait revenu à violer la loi puisqu'il aurait fallu pour cela utiliser des documents inutilisables. On l'a dit mille fois», explique Bermudez, soutenu en cela par Lissavetzky. « Si Monsieur Mc Quaid et son super avocat espagnol ont des idées, elles sont bienvenues ».
En revanche l'UCI, qui stigmatise la lenteur espagnole et cherche visiblement à faire la lumière sur la culpabilité de Valverde, n'a pas jugé bon d'utiliser la lettre du coureur l'autorisant à faire pratiquer un test ADN. Un test qu'elle a pourtant réclamé à la RFEC qui n'a, au regard de la loi espagnole, pas le droit de le faire pratiquer sans le consentement du coureur...
Au delà de la guerre de tranchées entre l'UCI et la RFEC, c'est toute l'Espagne qui se met en marge d'un certain consensus antidopage. Fin octobre, un tribunal madrilène, saisi par le syndicat national des cyclistes, a émis des doutes sur le respect du principe de protection de la vie privée par le système de localisation mis en place par l'UCI.
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