21 novembre 2007
Michaël Hajdenberg
Les grèves ne font pas que des malheureux, elles font aussi des victimes. Les chiffres livrés hier par la préfecture de police de Paris sont à cet égard éloquents. Les jours de grève, le nombre de blessés sur la voirie est en effet en augmentation de 70 %. En temps normal, on dénombre en moyenne de 24 à 25 accidents corporels par jour dans la capitale. Lors des journées de mobilisation sociale des 18 octobre et des 14, 15, 16 et 19 novembre, la moyenne est passée à 43.
Ce sont les deux-roues qui sont les plus touchés par le phénomène. L'analyse des accidents pour les journées des 15 et 16 novembre montre en effet que les utilisateurs de scooters et de motos représentent 68 % des accidentés, contre 53 % d'habitude. La part des cyclistes parmi les victimes est elle aussi en augmentation puisqu'elle passe de 6,7 % à 12,6 %.
Alors que beaucoup d'usagers des transports en commun se sont reportés vers les deux-roues pour échapper aux embouteillages, les services de police disent avoir observé lors de ces journées « des prises de risques inconsidérées ». La préfecture appelle donc les motards à la prudence, « à ne pas changer de file », à « ne pas accélérer trop vivement lorsque la circulation devient plus fluide », et les cyclistes à « ne pas slalomer ». À l'égard des marcheurs, elle rappelle, dans son langage toujours châtié, que « les piétons doivent traverser la chaussée sur les passages protégés lorsque la figurine est verte dans les caissons lumineux ».
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