19 octobre 2007Il n'y a pas que le Vélib
Vélib, V'hello, Vélo'v... Grâce à ces vélos en libre service, les citadins sont (re)devenus des accros du guidon. C'est désormais par milliers que les bicyclettes grises ou blanches se faufilent tous les jours dans les rues de Paris, Lyon, Aix... Pas de panique pour ceux qui refusent de se fondre dans la masse (et qui en ont les moyens) : ils peuvent s'offrir une petite reine, version Rolls-Royce.
Marine Aubonnet
Confrontés à la pénurie de Vélib (accentuée les jours de grève dans les transports en commun), beaucoup de Parisiens se décideront peut-être à acheter leur propre vélo. Cette acquisition leur permettra d'éviter de parcourir tout Paris avant de trouver une monture valide mais aussi d'afficher leur style.
Les bicyclettes hollandaises remplissent à merveille cette fonction ostentatoire. Avec leurs grandes roues et leurs cadres arrondis, ces vélos en imposent. Juchés sur des selles molletonnées, le dos bien droit, le regard lointain, leurs conducteurs dégagent une indiscutable prestance. Cette élégance a un prix : de 700 euros pour des vélos de milieu de gamme jusqu'à plus de 2000 euros pour les plus luxueux. Et un poids : plus de 25 kg pour les bicyclettes bataves à assistance électrique.
Pour répondre au besoin de confort et de panache des cyclistes citadins, des points de vente spécialisés (comme HollandBike, Pointvélo... à Paris) se sont installés dans les grandes villes. Depuis leurs sites Internet, des fabricants hollandais ont même développé des services de livraison dans toute l'Europe.
Est-ce que la patrie de la mode peut accepter sans rechigner l'hégémonie stylistique des vélos hollandais ? Pour Stéphane Rault, Pascale Montenay et Benoît Pons, la réponse est non. Ces trois cadres supérieurs franciliens ont donc décidé de créer et de vendre des bicyclettes chics à la française. "Je me suis fait voler trois fois les vélos que je m'étais amusé à customiser. J'ai donc décidé d'en fabriquer" explique Stéphane Rault, un publicitaire qui pédale tous les jours de Versailles à Paris (et vice-versa).
C'est de cette façon que les vélos Comete ont vu le jour il y a un peu moins d'un an. Des cadres à couleurs mates (rouge pour les femmes, marron foncé pour les hommes), une selle en cuir à amortisseurs, des pneus anti-crevaisons, une sonnette "non violente, qui chante"... constituent les atouts de ces vélos. Auxquels il faut rajouter un motif photo-luminescent en "canage, notre marque de fabrique" souligne Stéphane Rault. La cible de ces trois entrepreneurs : "les CSP + et les bobos", prêts à investir 980 euros dans un biclou.

Les vélos Comete ont déjà séduit des très grandes marques de luxe et de prêt-à-porter qui ont décidé de se lancer dans le deux-roues chic. À Paris, deux palaces, l'hôtel Meurice et le Plaza-Athénée, les ont aussi adoptés. Depuis quelques jours, ces hôtels de luxe mettent à la disposition de leurs clients des vélos Comete. Pour le quatre étoiles de l'avenue Montaigne, les trois associés de Cometecycles ont rajouté à leurs bicyclettes des sacoches en cuir, idéales pour les séances de shopping. Pour celui de la rue de Rivoli, ils ont prévu un panier en osier pour des pique-nique dans le jardin des Tuileries.
À l'avenir, les vélos Comete se déclineront en "micro séries (dizaine d'exemplaires, NDLR) à thème". "Il y aura les vélos "animaux de la ferme", des vélos "métiers"" imagine Stéphane Rault. "Mon rêve, c'est d'offrir à l'Elysée un vélo présidentiel" ajoute-il. À bon entendeur...
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