23 octobre 2007

Trois générations de clients !

Près de 50 ans après avoir vendu son premier vélo sur la rue Saint-Vallier Est, à Québec, Jean-Claude Fournel aura un pincement au cœur lorsqu’il mettra la clé dans la porte de son commerce, le 31 octobre.

L’homme d’affaires de 72 ans quittera pour de bon l’édifice qu’il occupe depuis maintenant 68 ans puisqu’il a été élevé dans un logement au deuxième étage de l’immeuble avant de diriger sa propre entreprise au rez-de-chaussée. L’enseigne porte son nom depuis le 10 février 1961.

À la suite du départ à la retraite du paternel, la famille Fournel a pris la décision de ne garder ouvert que le magasin de Charlesbourg. « Il n’a jamais manqué un jour d’ouvrage ici et il connaissait les clients par leur prénom », affirme son fils Robert. « Il y a toujours eu un Fournel ici. Je me fais dire 12 à 15 fois par semaine par des gens qu’ils ont acheté leur première bicyclette ici. Il y a beaucoup de ti-culs qui sont mariés, aujourd’hui. J’ai vendu des vélos à trois générations de clients », ajoute le septuagénaire.

Malgré sa passion pour la bicyclette, Jean-Claude Fournel n’a jamais eu le temps d’enfourcher une bécane! Il veut aujourd’hui profiter de ses temps libres pour faire de l’équitation et de la moto. « Je n’ai pas eu le temps de pédaler. J’avais bien trop d’ouvrage ! »

Un bon vieux CCM
Les plus vieux se souviendront certainement des vélos de marques Empire, CCM, Automoto, Torpedo et Dynamax. De véritables symboles d’une autre époque. « Au début des années 60, on se faisait traiter de voleur en vendant un Majestic 3 vitesses à 39,95 $ ou un CCM à 59,95 $. »

Anecdotes
Au rayon des anecdotes, M. Fournel se souvient fort bien de plusieurs batailles... avec des clients ! « C’est un coin rough ici. Je pourrais écrire un livre. Il y en a quelques-uns qui ne voulaient pas payer. Quand ça ne faisait pas, je leur montrais la porte d’entrée et je leur disais qu’il y en avait une autre identique en arrière. Je me suis déjà fait courir après par un Chinois avec mon marteau. » En dépit de ces incidents mémorables, il aura bien du mal à tourner la page dans moins de deux semaines. « Ça va être dur. On a eu du bon temps et pas mal de fun ici », dit-il.

Lors du passage du photographe du MédiaMatinQuébec, deux vieilles connaissances s’amusaient à ses dépens à l’extérieur. Jean-Claude Fournel n’a jamais oublié son voisin d’en face, Roland Nadeau, qui venait sans faute lui payer une partie de son vélo lorsqu’il recevait sa paie tous les 15 jours. C’était il y a déjà quelques décennies.


Jean-Claude Fournel est l’un des plus anciens marchands de vélos à Québec.
Après 50 ans sur la rue Saint-Vallier, son enseigne disparaîtra du paysage de la basse-ville.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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